"Quand un salon littéraire devient un boudoir pour dames"
23 Juillet 2009
Des vêtements cachers.
Des vêtements cachers? Aussi surprenant que cela puisse être, la question se pose. Non seulement pour les
femmes qui se doivent de porter des vêtements aux coloris, coupes et tenue en rapport avec les lois de la discrétion et de la pudeur, mais aussi pour tous. Une loi de la Torah interdit en effet
le port d'un vêtement dans lequel seraient mélangés ensemble du lin et de la laine. Qu'il s'agisse d'un fil de lin et laine mélangés, d'un tissu de lin cousu avec un tissu de laine, d'une couture
au lin d'un vêtement de laine, et parfois de fibres mélangées dans une feutrine… Ce mélange interdit, dit Chaatnez, peut être repéré par l'examen des vêtements par des
spécialistes. Adressez vous au Rabbin de votre ville pour dénicher l'homme de l'art à proximité de chez vous.
Nous rapportons ici une histoire extraite de "Sauvés par Changaï", Chaïm Lipschitz, Editions Emounah, chapitre 28.
Changaï, 1941-1945.
Pendant les prières de Yom Kippour, un
étudiant éprouvait de grandes difficultés à se concentrer, comme si ses pensées restaient accrochées à la terre au lieu de s'envoler vers le ciel. Il essaya de découvrir ce qui n'allait pas et il
étudia un livre de Moussar, qui ne lui fut d'aucune aide. Il se rappela alors avoir lu que si l'on porte du Chaatnez (mélange de laine et de lin) dans ses vêtements, celui-ci empêche les prières
d'être entendues. Il portait un costume neuf dont la composition avait été dûment vérifiée. Néanmoins, il se retira au milieu de la prière pour se changer et pour revêtir son vieux costume de
semaine qu'il avait emporté d'Europe. Aussitôt, lorsqu'il reprit sa place à la synagogue, il put se remettre à prier avec autant de ferveur qu'à l'accoutumée et retrouver le sentiment que ses
prières montaient jusqu'au ciel.
Le lendemain, il présenta son costume à un expert pour être à nouveau soigneusement vérifié. Et celui-ci découvrit du Chaatnez. De fait, il s'aperçut que certains fils avaient été torsadés
ensemble d'une manière que la technologie moderne venait tout juste de mettre au point, et il découvrit ces fils à des endroits que personne, jusqu'alors, n'avait jugé utile de vérifier. Chacun,
à partir de ce moment, devint particulièrement attentif aux vêtements qu'il achetait.


Ne t'habille pas d'une étoffe mixte, mélangée de laine et de lin.Deutéronome 22 - 11
(Devarim, parachat ki tétsé):"Qu'un tissu cha'atnez ne couvre point ton corps". Le mot cha'atnez, qui ici est difficile à comprendre, est expliqué plus
loin par le verset du Deutéronome. "Ne t'habille pas de cha'atnez, mélange de laine et de lin". Le cha'atnez est donc un mélange de laine et de lin. Ce mélange, disent nos
sages, est interdit dans tous tissus entrant dans la composition des vêtements et de certains objets dont le corps tire un bienfait, comme les matelas et les serviettes ou les tissus
d'ameublement (Choul’han ‘arou’h Y.D. ch. 298 à 304).
Hors de notre contexte, le mot cha'atnez n'a pas de sens. La Tora a, pour ainsi dire, "fabriqué" un mot pour nommer la mitsva. Que signifie ce mot ?
Même si c'est une évidence, rappelons ici que la laine, poil du mouton, est d'origine animale, et que le lin, extrait du liber de la plante de lin, est d'origine végétale.
De très nombreuses fibres animales et végétales sont filées puis tissées. Citons pour mémoire le chanvre, le jute, le coton, les poils de chèvre (cachemire), ou de lapin (angora). La Tora autorise toutes combinaisons de fibres sauf une, le mélange laine - lin, comme pour dire à l'homme qu'il peut exploiter à sa convenance les ressources de la nature mais ne doit jamais essayer de modifier l'ordre de la création (Voir Gen. 2-15). La séparation de la laine représentant le règne animal, et du lin représentant le règne végétal, nous rappelle symboliquement cette mise en garde. Bouleverser l'ordre de la Création n'est pas sans conséquences. Nos sages enseignent que celui qui s'adresse à D.ieu tout en portant un vêtement interdit voit sa prière bloquée par le Satane dont la force émane alors du cha'atnez. En effet, les lettres qui composent le mot cha'atnez composent aussi le mots Satane 'Oz - la force du Satane (Torat habeged Jérusalem ch.4).
Les cinq lettres qui forment le mot cha'atnez font partie des sept lettres qui dans le Sefer-Torah portent des fioritures (Taguim) qui sont de tout petits frais ajoutés aux lettres sans pour autant changer la lecture ou le sens du texte. De même que les fioritures, sont exigées pour les objets de culte que nous avons de plus cher, le Sefer-Torah, de même la recherche du moindre fil "interdit" est exigée pour l'objet profane que nous avons de plus cher, notre vêtement. (PYB)
Au temps du Christ, la laine et le lin constituaient la base de la confection textile juive alors que la soie et le coton, bien que connus, ne sont presque pas mentionnés. Le lin domestique était produit en Galilée et la laine était filée dans la Judée mais leur combinaison dans un même vêtement était formellement interdite selon la règle de Dt 22,11 : " Ne portez pas de vêtements de laine et de lin tissés ensemble. ".
Cette réglementation stricte développée plus tard dans le traité Kelim (" ustensiles ") de la Mishna restreignait le commerce des tissus et de la nourriture aux échanges entre les communautés juives de la Diaspora, à l’exclusion pratique des païens, grecs ou romains.
Les juifs de cette époque pouvaient porter plusieurs vêtements superposés :

Il y a cependant des exceptions. Malgré l’interdiction de mélanger la laine et le lin en confectionnant un vêtement, la Torah prescrit spécifiquement ce mélange lorsqu’il s’agit de fabriquer certains vêtements portés par les Kohanim dans leur service au Beth Hamikdache (Saint Temple). En outre, immédiatement après l’injonction « ne portez pas de chaatnez–laine et lin mélangés », la Torah nous commande de « faire des franges aux quatre coins de vos vêtements » ; la Torah nous dit, explique le Talmud, qu’il est permis de mélanger la laine et le lin pour accomplir la Mitsva de Tsitsit.
Mais la permission de mélanger deux espèces pour accomplir une Mitsva n’est donnée que dans le cas de chaatnez, le mélange de la laine et du lin....
En y regardant de plus prêt, nous avons ici trois catégories de mélanges interdits :
a. le mélange de la laine et du lin, qui est interdit dans la fabrication des vêtements ordinaires, mais qui est autorisé dans le cas des Tsitsit ou des vêtements sacerdotaux, lorsqu’il s’agit de servir D.ieu.
b. La cuisson de viande avec du lait, que la Torah interdit spécifiquement aussi pour des usages sacrés.
c. La prohibition sans équivoque des croisements d’espèces végétales ou animales. Dans ces cas, la Torah n’éprouve même pas la nécessité de réitérer qu’il est également
interdit d’effectuer ces croisements dans le but d’accomplir une Mitsva, supposant que nous comprendrons de nous-mêmes que l’interdiction s’applique globalement.

costumes juif catalan
Hafets 'Hayim (Ch. 14) :
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"A chaque instant que l'on passe en portant [un habit] cha'atnez on transgresse l'interdit... |
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Dans la Tora et la tradition juive, le vêtement est souvent au premier plan.
Adam et 'Hava (Adam et Eve) prennent soudain conscience de leur nudité et se couvrent (Gen.3-7). Yossef
(Joseph), chéri par son père, reçoit une tunique(Gen 37-3). La femme de Putifar saisit l'habit de celui-ci qui refuse ses avances (Gen. 39-12). David épargne Chaoul (Saul) mais
lui coupe un coin de son manteau et prouve par ce geste sa fidélité au roi (1 Sam. 12). Les vêtements sacerdotaux sont indispensables pour le culte au Temple à Jérusalem (1 Sam.
12).Selon son état, l'habit peut être celui du juste, du pauvre, de semaine, de fête ou de chabat.
Ces quelques exemples montrent combien les notions liées aux vêtements sont riches et diversifiées. D'autres exemples feraient apparaître
d'autres notions et notamment les qualités du coeur, qui sont les habits de l'âme (Midrach). Le vêtement n'est donc pas un objet banal et parmi les mitsvot qui lui sont
directement liées se trouvent les lois du cha'atnez.
Il ne faut pas confondre la famille des moutons et la famille des caprins :
L'interdit du cha'atnez ne s'applique qu'à la laine (poils) de mouton (bélier, brebis et agneau). Ainsi, par exemple, mélanger du cachemire (poils de chèvre) avec du lin pour en faire un habit, est licite.
Opposés mais complémentaires:
La banalisation de l'élevage du mouton a permis une large diffusion de la fibre de laine dont l'une des principales qualités est son pouvoir calorifique. Comme défaut on notera sa relative fragilité. A l'inverse, le lin est très difficile à produire, relativement cher et très solide. Son défaut est connu: un tissu en lin se froisse vite. Ces quelques points techniques permettent de comprendre pourquoi pour les pulls, vestes, jupes et chaussettes on utilise beaucoup la laine, alors que pour les fils de couture, les renforts ou la confection de sacs en toile on préfère le lin.
Actualité:
Dire que de nos jours le lin est très rarement utilisé, est faux. En effet, la modernisation des filatures permet, depuis quelques années, d'abaisser les coûts de production et d'améliorer la qualité. La mode est à nouveau aux vêtements en lin et les articles de mercerie en cette matière sont présents dans de nombreux habits
Le problème du Shaatnez se pose surtout à propos des vêtements : Si s'habiller cacher, c'est être décent, cela veut dire aussi porter des vêtements qui ne contiennent pas de mélange interdit de
laine et de lin que la Torah appelle " shaatnez ".
1- Qu'est-ce que l'interdit du shaatnez ?
Il s'agit d'un commandement direct de la Torah de ne pas se vêtir (parashat Ki tetsé, séfer Devarim), ni de se couvrir (parashat Kédoshim, sefer Vayikra) d'un tissu composé de laine et de lin.
Le mot shaatnez est l'acrostiche des mots «שוע» - «טווי » - « נוז », qui décrivent les trois étapes principales de l'élaboration d'un tissu : peigner, filer et tisser.
2- Pourquoi est-ce interdit ?
Nous ne connaissons pas le sens profond de cette mitsva car c'est un 'hok, une mitsva irrationnelle. Le fait de respecter ce genre de mitsvot nous permet d'augmenter l'honneur d' Hashem dans ce
monde, et prouve notre attachement au Créateur en toutes circonstances.
3- Pour qui est-ce interdit ?
L'interdiction du shaatnez s'applique à tout le monde : Hommes, femmes et enfants (tout comme le fait de consommer des aliments interdits).
Porter du shaatnez, ne serait-ce qu'un instant et même par inadvertance, bloque les prières pendant 40 jours !
4- Qu'est-ce qu'un vêtement shaatnez ?
C'est la présence de fibres de laine et de lin dans un même vêtement qui rend celui-ci interdit, même si les 2 matières ne sont pas en contact direct. Est également interdit par la Torah tout
lien durable entre de la laine et du lin, comme un nœud, un point de couture, un collage ou un tressage.
5- Où trouve-t-on du shaatnez ?
Tout vêtement peut contenir du shaatnez, même s'il est en polyester à 100%. D'autres objets contenant du matériel textile, comme par exemple, les tapis, fauteuils, chaises, matelas, etc., sont
également concernés par l'interdiction.
Attention, l'étiquette n'est pas un gage de cacherout : elle ne mentionne que la teneur du tissu extérieur, et non celle des composants internes, tels que les fils de couture, les boutonnières,
les épaulettes, les revers de col et autres plastrons.
6- Quelle est la conduite à tenir lorsque l'on achète un vêtement ?
1 Inspecter le vêtement : si l'étiquette indique qu'il contient le mélange interdit ou si la marque est connue comme en contenant, on ne pourra en aucun cas essayer le vêtement avant de l'avoir
réparé, même pour prendre les mesures ;
2 Si l'on n'est pas sûr qu'il y a du shaatnez, on pourra essayer l'habit, mais il est préférable de s'en abstenir ;
3 En tout état de cause, après l'achat, il faudra faire vérifier le vêtement par un bodek (vérificateur) compétent, qui dira si le vêtement est cacher ou non.
7- Peut-on croire le vendeur qui affirme que ce qu'il vend est cacher ?
Même si le vendeur est de bonne foi, on ne peut jamais être totalement sûr que le vêtement est bien cacher. En effet, même si le vendeur a de bonnes connaissances en textile, il ne peut pas, à
vue d'œil, déterminer sans risque d'erreur la composition exacte d'un tissu.
De plus, au cours de la production du vêtement, qui n'est ni rigoureusement réglementée, ni entièrement automatisée, il peut arriver que des interventions manuelles apportent des modifications
par rapport au cahier des charges, sans que le fabricant lui-même ne s'en aperçoive.
Dès lors, comment le vendeur, même de toute bonne foi, pourrait-il savoir avec certitude si le vêtement est ou non shaatnez ?! Il faut donc s'en remettre à un bodek pour déterminer et
quantifier la présence de laine et de lin dans un vêtement.
8- Est-il permis de s'asseoir sur du shaatnez ?
Oui, mais :
- il faut que le tissu ou bien la surface sur laquelle il est posé soient rigides ;
- il faut aussi recouvrir la surface sur laquelle on s'assoit pour éviter tout contact direct avec le tissu shaatnez. Attention, les habits que l'on porte ne constituent pas une séparation à
cet égard.
9- Que faire si l'on porte du shaatnez sur soi ?
La Guemara dit que si l'on voit un homme porter du shaatnez, il faut le lui retirer, même si c'est son Rav et même en public. Si c'est sur soi-même que se trouve le shaatnez, il faut se dévêtir
dans l'immédiat, même dans la rue, quitte à se retrouver dans une situation embarrassante, car le fait de porter du shaatnez constitue une profanation du nom divin, que rien ne saurait
justifier.
10- Peut-on posséder du shaatnez à la maison ?
Posséder du shaatnez n'est pas interdit, tant qu'il n'est ni porté, ni utilisé.
Le fait d'en tirer profit, en le vendant par exemple, est permis, à condition de veiller à ce qu'aucun autre juif ne l'acquière ou ne s'en vêtisse.
