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1. Tout savoir sur le H1N1 D'où vient ce fameux virus H1N1 ? La "grippe porcine" est née avec la "grippe espagnole" de 1918 qui fit 50 millions de morts ! Ce virus de 1918, après mutation exceptionnelle dans une souche aviaire, a pu s’adapter à
l’homme et au porc. C'est une combinaison de 8 gènes dont 2 très importants :
- celui qui permet au virus de s’attacher avec ses 16 variétés H1 à H16,
- et celui qui lui permet de libérer les particules virales avec ses 9 types, N1 à N9.
Sur ces 144 combinaisons HiNj, 3 se sont transmises chez l’homme, dont la H1N1 de 1918. La H2N2 a donné en 1957 "la grippe asiatique", et la H3N2 "la grippe de Hongkong" de 1968. Les élevages porcins ont abrité la quasi totalité des souches du H1N1 de 1918.
Les scientifiques ont malgré eux réintroduit chez l’homme un virus qui s’était éteint, après libération accidentelle d'une souche dans la nature : en 1977, cette nouvelle souche émergea en
URSS, à Hongkong et en Chine, puis a continué de circuler chez l'homme, en concurrence avec le H3N2. Le H1 N1 actuel résulte du "réassortiment " * de 3 virus
antérieurs dans des porcheries US, et, mélangé à un H1N1 porcin d’Asie, il s'est répandu chez les porcs. *avec 8 gènes = 5 gènes du H1N1 classique + 2 dérivés d’oiseaux + 1 d'un virus humain. Quelle est la dangerosité du H1N1 ? Selon l’OMS, ce virus voyage 4 fois plus vite que jamais, mais ses dégâts sont bien moins terribles que ceux des pestes noires ou
du sida et aucune panique n’a été constatée. En attendant le vaccin, les mesures d’hygiène (port de masque, lavage des mains,... ) ralentissent la pandémie mais sont impuissantes à
l’enrayer. L’estimation tourne en France autour de 20000 cas/semaine incluant une grande partie des victimes, guérissant
spontanément et sans séquelles, hors des chiffres usuels. Le nombre de décès (moins de 0,2/100) est resté en deçà des estimations, même si la mortalité du virus est 2 à 10 fois
supérieure à celle de la grippe. Ce virus, par bonheur, ne semblant pas devoir muter, l’OMS estime que 30% des gens pourraient être touchés, soit, en
France, 20 millions de cas et 40000 décès. Les personnes à risque : les femmes enceintes, diabétiques, immunodéficients,
gens atteints de pneumopathies ou à risque 'cardio-vasculaires', obèses, et (?) les 12-17 ans.
Les gens âgés semblent immunisées par leur contact avec les épidémies de 57 et 68. Comment l’attrape-t-on ou l'évite-t-on ? Le virus est présent dans la salive et les sécrétions des voies aériennes. Les contaminations directes (à moins d’un mètre)
se font par la toux, les éternuements, le baiser... Les contaminations indirectes se font par contact avec les particules virales du malade (téléphone, poignée de porte, rampe d’escalier,
pièces, billets… ). On peut s'en protéger en suivant les conseils d’hygiène, en évitant les contacts avec les malades, en réduisant poignées de main
ou embrassades, en se couvrant nez et bouche quand on tousse ou éternue, en se lavant les mains plusieurs fois et avec du savon. La Conduite à tenir ? L’infection se traduit par une grande fatigue associée à l'un des signes :
fièvre (plus de 38°), forte toux, maux de gorge, rhume, fortes courbatures. Devront impérativement consulter un médecin les gens à risque (cf
ci-dessus) ouavec une complication (fièvre persistante ou très forte, asthme, douleur dans le dos, gêne respiratoire aggravée ou persistante, confusion). En cas de contact avec un contagieux*, il faudra minimiser les contacts intimes et la prise d’antiviral ne sera justifiée que pour
les gens à risque et après consultation.
* On est contagieux 2 jours avant les symptômes et on le reste durant la maladie (+5 jours). Les antiviraux comme le Tamiflu ne tuent pas le virus mais bloquent une enzyme pour en limiter la réplication dans la
cellule. La prise d’antiviraux a pour but de diminuer le risque de complications, et ils sont strictement réservés aux gens dits à risque ou à complications (cf.
ci-dessus). En France, ils sont délivrés uniquement sur ordonnance, afin d'en limiter la prise, pour ne pas augmenter la résistance du virus aux antiviraux. Quid des vaccins et plans d'action ? Seront vaccinées les personnes à risque (cf ci-dessus) ou exposées (personnel de santé,... ). La vaccination sera
gratuite, non obligatoire et accessible aux demandeurs. Il est logique de se préparer au pire face à un virus imprévisible : le H1N1 est beaucoup plus contagieux que la grippe ; les
possibles 10 à 20 millions de malades et les complications ou décès, conduisent l’opinion publique à comprendre que gouvernement et entreprises s'y préparent (déjà affectées par la crise, tourisme
et aviation souffrent déjà). La France a un dispositif de guerre prévu selon l’évolution de l’épidémie : appros du pays en cas de paralysie, recours aux
réservistes, mises en quarantaine pour protéger les personnels clés, dispositions exceptionnelles pour enterrements et soutien aux familles. Les écoles ne fermeront qu'en cas de 3 cas dans une classe et pour une semaine. Les entreprises ont aussi défini des plans, se munissant de stocks de masques, de gel hydroalcoolique et prévoyant des plans de continuité (télétravail, rappel des seniors…
).
2. Impacts juifs de la grippe H1N1
Israël, son armée, son économie sont fragilisées par ces risques.
2000 cas dont 5 mortels sont recensés et on en redoute 1 million dont 2000 décès. Les Mesures Traditionnelles des Rabbins Il est normal pour des croyants de prier en cas de difficultés ou de malheurs avérés ou pressentis, afin notamment d'obtenir
que D. intercède pour les hommes.
Le Talmud préconise par exemple de prier pour la pluie en temps normal et, avec des mesures spéciales, en cas de sécheresse. Les juifs ont l'expérience de leur Tradition dans les cas d'épidémies du
passé qui appelaient jours de jeûne et prières privées et publiques. Le Talmud citait déjà une grippe parmi les porcs, et avait alors immédiatement ordonné un jeûne "parce que les viscères et le système
digestif des porcs sont les mêmes que ceux des hommes." Dans ce cadre, le Rav Chlomo Amar, Grand Rabbin Sefarade d'Israel, a institué un jeûne la veille de Roch Hodech Elloul, pour
demander à D.ieu d’écarter le fléau H1N1 de l’humanité. Ce jeûne s'est accompagné de récitations de prières de demande de pardon.
Ceux qui ne pouvaient pas jeûner pouvaient s’abstenir de parler (ce qui n'est pas plus aisé !!).
"Dieu nous pardonnera", a-t-il ajouté, si chacun accepte "d'examiner sa conduite et de revenir à Dieu de tout son coeur et d'étudier la Torah". Comme mesure de prévention, le Rav a aussi demandé aux gens de se contenter d'embrasser de loin et sans les toucher les
Mezouzas (fixées sur les montants des portes).
Les Mesures des Rabbins Ultramystiques...
Un avion israélien d'Arkia a pris l'air, avec pour passagers 50 rabbins et mystiques juifs, pour "survoler le pays et grâce à des
prières, des chants rituels et des sonneries de Choffar, stopper le virus de la grippe avant qu'il n'y entre".
Les rabbins ont affrété ce vol afin de répandre les prières plus rapidement au-dessus du pays (Dixit!!!) et de protéger ainsi ses habitants plus
efficacement. No Comment !!!
3. Grippe Porcine : le Porc et la Thora Rabbin Sébastien Allali, adapté par Yerouchalmi.
Des juifs s'étaient émus, notamment en Israël, du terme "grippe porcine" retenu au départ de la grippe issue des élevages porcins
mexicains et US. Cela n'a pas manqué d'en surprendre plus d'un, car, en effet, le porc n'est qu'un animal parmi des milliers d'autres interdits à la consommation par la Bible. En quoi dans ce cas
exerce-t-il une répulsion aussi forte ? Le Rabbin Allali (auteur du très intelligent livre sur le judaïsme «Les trompettes d'argent» utile aux débutants etaux confirmés) en montre la dimension théologique;
La Torah interdit la consommation d’animauxn’ayant pas les sabots fendus ou ne ruminant pas. En outre, la Bible liste des
cas d’interdits ne répondant qu'à 1 seul critère :
- le chameau rumine mais n’a pas les sabots fendus
- le porc ne rumine pas mais il a, en revanche, les sabots fendus.
On notera que même chez des juifs assez éloignés de la religion, le refus du porc reste souvent la norme, comme rituel emblématique les
reliant au peuple Juif.
Ce sont ces particularités du porc et leurs raisons que nous souhaitons ici évoquer. Emblème de la dichotomie être/paraître et du 'bluff'. Nos Maîtres se montrent très sévères à l’égard du cochon, le percevant comme le symbole de la mauvaise foi, de la duperie et de
l’artifice : en effet, quand il se tient debout,
le porc met ses pattes en avant «pour nous faire croire qu’il est 'Kacher'» en nousmontrant ses sabots fendus à l'extérieur (et remplissent alors 1 des
critères), alors qu’il évite de montrer qu'à l’intérieur, il ne rumine pas, ce qui le rend de fait non 'Kacher' ! Le porc est donc l’emblème de la dichotomie être/paraître et du 'bluff', faisant croire à son entourage qu’il est juste, et ses
apparences trompeuses cachant un être moins droit. Cette supercherie est d’autant plus grave quand ce sont des signes de piété et une pseudo religiosité qui sont mis en
avant (comme les sabots fendus), à l’image d’une façade cachant un terrain vide. Une attitude analogue à celle du porc violerait même le 3è commandement pour l'auteur du" Or Ha’Haïm"
: "ne porte pas (ne prononce pas) son nom abusivement, ne te pare pas de son nom en
donnant de toi une image hypocrite de sagesse(«le nom de D.») qui ne correspond pas à la
réalité («en vain»)".
Le Porc et les fourberies d’Esaü La figure biblique incarnant la mauvaise foi du porc est celle d’Esaü, jumeau du patriarche Jacob. Son père Isaac était
aveugle, de veillesse et devant la droiture feinte de son fils Esaü qu’il préférait même à Jacob, car, en bon chasseur il apportait du gibier à son père et l'interrogeant sur des questions
religieuses dont, en vérité, il n’avait que faire.
Comme le porc, « Esaü mettait en avant ses sabots fendus», en prenant l’apparence d’un fils exemplaire tout en cachant à son père ses actions sanguinaires (Esaü était un brigand et un meurtrier) et
sa nature perverse. "Si Esaü vivait de nos jours", disait le Rabbi de Kotzk, "il aurait tous les signes vestimentaires de piétés qui en masqueraient la pire immoralité !" La tradition juive utilise ainsi le porc pour désigner le royaume d’Edom (qui donnera l’empire Romain) dont Esaü est
l’ancêtre.
Le Porc et sa dimension théologique de rejet L’interdiction du consommer du porc véhicule donc en plus de la question alimentaire une leçon d’importance : celle de la
cohérence et de l’honnêteté. Il ne faut pas se faire passer pour ce que l’on n’est pas et duper son entourage. De ces analyses notamment, les juifs garderont la non consommationde porccomme l'un des signes de séparation les plus
fermes avec la civilisation non juive.