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Moïcani - L'Odéonie

"Quand un salon littéraire devient un boudoir pour dames"

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ANNIVERSAIRE DE LEO FERRE

NE LE 24 AOUT 1916



Une robe de cuir comme un fuseau 
Qu'aurait du chien sans l'faire exprès
Et dedans comme un matelot
Une fille qui tangue un air anglais
C'est extra
Un moody blues qui chante la nuit
Comme un satin de blanc marié
Et dans le port de cette nuit
Une fille qui tangue et vient mouiller

C'est extra c'est extra
C'est extra c'est extra

Des cheveux qui tombent comme le soir
Et d'la musique en bas des reins
Ce jazz qui d'jazze dans le noir
Et ce mal qui nous fait du bien
C'est extra
Ces mains qui jouent de l'arc-en-ciel
Sur la guitare de la vie
Et puis ces cris qui montent au ciel
Comme une cigarette qui prie

C'est extra c'est extra
C'est extra c'est extra

Ces bas qui tiennent hauts perchés
Comme les cordes d'un violon
Et cette chair que vient troubler
L'archet qui coule ma chanson
C'est extra
Et sous le voile à peine clos
Cette touffe de noir jésus
Qui ruisselle dans son berceau
Comme un nageur qu'on attend plus

C'est extra c'est extra
C'est extra c'est extra

Une robe de cuir comme un oubli
Qu'aurait du chien sans l'faire exprès
Et dedans comme un matin gris
Une fille qui tangue et qui se tait
C'est extra
Les moody blues qui s'en balancent
Cet ampli qui n'veut plus rien dire
Et dans la musique du silence
Une fille qui tangue et vient mourir

C'est extra
C'est extra
C'est extra
C'est extra




 

Avec le temps...

Avec le temps va tout s'en va

On oublie le visage et l'on oublie la voix

Le cœur quand ça bat plus c'est pas la peine d'aller

Chercher plus loin faut laisser faire et c'est très bien

Avec le temps...

Avec le temps va tout s'en va

L'autre qu'on adorait qu'on cherchait sous la pluie

L'autre qu'on devinait au détour d'un regard

Entre les mots entre les lignes et sous le fard

D'un serment maquillé qui s'en va faire sa nuit

Avec le temps tout s'évanouit

 

Avec le temps...

Avec le temps va tout s'en va

Mêm' les plus chouett's souv'nirs ça t'as un' de ces gueules

À la gal'rie j'farfouille dans les rayons d'la mort

Le samedi soir quand la tendresse s'en va tout' seule

Avec le temps...

Avec le temps va tout s'en va

L'autre à qui l'on croyait pour un rhume pour un rien

L'autre à qui l'on donnait du vent et des bijoux

Pour qui l'on eût vendu son âme pour quelques sous

Devant quoi l'on s'traînait comme traînent les chiens

Avec le temps va tout va bien

 

Avec le temps...

Avec le temps va tout s'en va

On oublie les passions et l'on oublie les voix

Qui vous disaient tout bas les mots des pauvres gens

Ne rentre pas trop tard surtout ne prends pas froid

Avec le temps...

Avec le temps va tout s'en va

Et l'on se sent blanchi comme un cheval fourbu

Et l'on se sent glacé dans un lit de hasard

Et l'on se sent tout seul peut-être mais peinard

Et l'on se sent floué par les années perdues

Alors vraiment

Avec le temps on n'aime plus





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