Overblog Tous les blogs Top blogs Mode, Art & Design Tous les blogs Mode, Art & Design
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Moïcani - L'Odéonie

"Quand un salon littéraire devient un boudoir pour dames"

Publicité

L'ALBUM DU MOMENT "FAR" DE REGINA SPEKTOR



He stumbled into faith and thought,
This is all there is
The pictures in his mind arose
And began to breathe
And all the gods in all the worlds
Began colliding on a backdrop of blue

Blue lips
Blue veins

He took a step but then felt tired
He said, I'll rest a little while
But when he tried to walk again
He wasn't a child
And all the people hurried past
Real fast and no one ever smiled

Blue lips
Blue veins
Blue, the color of the planet from far, far away

He stumbled into faith and thought,
This is all there is
The pictures in his mind arose
And began to breathe
And no one saw and no one heard
They just followed lead
The pictures in his mind awoke
And began to breed

They started off beneath the knowledge tree
Then they chopped it down to make white picket fences
They marched along the railroad tracks
And smiled real wide for the camera lenses
They made it past the enemy lines
Just to become enslaved in the assembly lines

Blue lips
Blue veins
Blue, the color of the planet from far, far away
Blue the most human color

Blue lips
Blue veins
Blue, the color of our planet from far, far away...



Regina Spektor_02.jpgRegina Spektor_02.jpg

http://reginaspektor.com/

regina spektor - far

Regina Spektor

Far

Warner

 

 

L’excentrique New-Yorkaise Regina Spektor transforme un immeuble en instrument de musique, sur un nouvel album riche et fantasque.

- par
Stéphane Deschamps (pour les Inrockuptibles

Sur Begin to Hope, son successful album d’il y a trois ans, l’Américaine (d’origine russe) Regina Spektor chantait, en français dans le texte : “Après moi le déluge.” C’était pour de faux. Car les chansons de Regina Spektor, joyaux pop montés sur une simple base piano-voix, ont toujours eu le pouvoir de chasser l’averse, d’éclaircir l’horizon, de faire briller les étoiles même en plein jour. Au début de sa vie de chanteuse, dans les premières années du troisième millénaire, Regina Spektor était new-yorkaise, jouait seule, produisait ses disques elle-même, affirmait une personnalité folasse et prenait des libertés avec le format chanson. Elle a donc eu droit à l’étroite étiquette anti-folk.
Et puis, en 2004, sur l’album Soviet Kitsch, son premier pour une major, elle a composé et enregistré Us, une chanson pop parfaite, un miniclassique inspiré par la grande musique classique, avec des cordes vibrionnantes et un piano qui escalade les nuages : 4 min 52 s de bonheur pour toutes les occasions, coup de foudre immédiat et durable. “Et c’est contagieux, et c’est contagieux…”, chantait Regina à la fin de la chanson.

Depuis Us, entre elle et nous, c’est fort. En piano-voix, un brin trop produites comme sur Begin to Hope, ou sur scène, les chansons de Regina Spektor sont des cocktails à la fois explosifs et romantiques, des potions magiques euphorisantes, avec les bulles du champagne et le degré d’alcool de la vodka. Regina Spektor est un peu sorcière, un peu magicienne. Et le prouve à nouveau avec Far, son nouvel album, de loin le meilleur, le plus éclatant, le plus riche. Sur Machine, la cinquième chanson, elle fait un truc qu’on n’avait jamais entendu, on ne savait même pas que c’était possible : elle joue de l’immeuble. En fait, elle a utilisé une installation sonore réalisée en 2008 par le musicien David Byrne à New York : un orgue dont les touches sont reliées aux éléments de construction d’un immense bâtiment industriel. Elle vous le dit comme ça, comme si c’était normal : “I played a building.”

Elle a fait d’autres trucs dingues sur Far, comme enregistrer l’album avec quatre producteurs différents, les divers et illustres Jeff Lynne (Electric Light Orchestra, George Harrison), Mike Elizondo (Dr. Dre, Eminem), Garrett Lee (R.E.M., Weezer) et David Kahne (Mc- Cartney, The Strokes), qui avait déjà produit Begin to Hope. “D’abord, j’ai composé l’album en pensant au son, aux arrangements, à l’atmosphère de chaque chanson, ce qui était nouveau pour moi – avant je m’en tenais au piano-voix. Ensuite, je me suis dit qu’il fallait que je profite à fond de l’expérience de l’enregistrement, parce que je n’ai pas souvent l’occasion de faire un disque. Je voulais apprendre plein de choses, comme si j’étais à l’école. Et pourquoi avoir un seul prof quand on peut suivre quatre cours à la fois ? J’ai donc choisi quatre producteurs, avec chacun d’eux c’était comme une master-class pour moi. Et si j’avais eu plus de temps, il y aurait probablement eu huit producteurs différents sur l’album.”

Et là, derrière cette ambition fantasque, sans limites, c’est une petite fille russe précoce et au sourire trop grand qu’on aperçoit. A 4 ans, Regina Spektor rêvait d’être compositrice de musique classique. Les grands lui ont expliqué que ce serait très difficile (surtout pour une fille), mais qu’au moins elle pourrait essayer de devenir une bonne pianiste. Ce qu’elle est devenue. Mais à l’adolescence, elle lâche le classique pour la chanson. “J’ai eu la certitude que je ne serais jamais pianiste classique, je n’avais pas la discipline, l’endurance mentale. A 17 ans, j’ai découvert Joni Mitchell et Ani DiFranco, et c’est là que j’ai commencé à écrire mes propres chansons. Bizarrement, d’une manière détournée, je suis revenue à mon premier rêve de petite fille : la composition.”

Cette alliance d’un solide background classique et d’une écriture pop dessalée, entre Chopin et chopine, Regina Spektor l’a encore merveilleusement mise en oeuvre sur Human of the Year, le sommet très bien entouré de Far : une chanson-catharsis vertigineuse, romantique sans chichis, une performance de chant et de composition tout simplement lumineuse. La chanson d’une petite fille qui rêve de dévaler les chutes du Niagara sur le dos d’une licorne, jusqu’au pays des merveilles. A l’unisson de tout un album mutin et fantasque, énergique et généreux, en un mot (qui n’existe même pas), réginérant – ce que Regina Spektor réfute à moitié : “Les qualités de ma musique ne sont pas propres au seul monde de l’enfance, je pense que les adultes aussi ont le droit de ressentir tout ça. Plutôt que de penser au passé ou au futur, je veux être dans le moment présent, l’éprouver le plus intensément possible.”
regina1.jpgRegina Spektor[2].jpg





Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article