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Moïcani - L'Odéonie

"Quand un salon littéraire devient un boudoir pour dames"

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"Emak Bakia" ( Leave Me Alone) Man Ray (1926)






Emak Bakia, 1926, 35 mm, noir et blanc, sonore, 17'








  Films et videos de :  
 
 

 Man Ray

Peintre, sculpteur, photographe, est né en 1890 à Philadelphie aux Etats-Unis. Il découvre à la grande exposition de l'Armory Show à New York en 1913 la peinture de l'avant-garde européenne et notamment le "Nu descendant l'escalier" de Marcel Duchamp. L'année suivante, par auto-nomination, l'artiste advient : Man Ray, Homme Rayon de lumière. En 1920, avec Marcel Duchamp, il filme le pubis d'un modèle nu au fur et à mesure qu'il est rasé, puis réalise un film stéréoscopique. Ces deux essais sont perdus. C'est en France, où il arrive en 1921, accueilli par Tzara, Breton, Rigaut, Soupault, Picabia, qu'il réalise l'ensemble de son oeuvre cinématographique. Le cinéma, plus que l'un des arts qu'il pratique hors du système industriel comme un artiste-artisan, est l'art qui débride ses conceptions artistiques, par lequel et dans lequel il innove : le cinéma sans caméra et les Ciné-rayogrammes avec son premier film Le retour à la raison en 1923, les jeux d'optiques et de récits, par-delà la narration selon Man Ray lui-même : " Pas d'histoires, pas même de scénarios,,chaque film offert au public est l'aboutissement d'une manière de pensée aussi bien que de voir", dans Emak Bakia ("Fichez-moi la paix" en basque) en 1926, Etoile de mer en 1928, Les Mystères du Château du Dé en 1929 ; puis c'est l'expanded Cinema ou le cinéma par delà les conditions de la projection standard, tel le Bal blanc en 1930, film de Méliès projeté par Man Ray sur les invités vêtus de blanc du bal donné par le Comte et la Comtesse Pecci-Blunt. La deuxième période cinématographique est marquée par les premiers home-movies ou cinéma personnel pour lesquels Man Ray expérimente les nouveaux formats 16 et 9,5 mm et les premières pellicules couleurs : Autoportrait (1930), Courses landaises (1935) et La Garoupe (1937) dans lesquels Man Ray filme ses amis Picasso, Eluard, Lee Miller, Dora Maar, et un essai pornographique-saphique Deux femmes (1937).
Man Ray est associé aux films Entr'acte (1924) de René Clair, Ballet Mécanique (1924) de Fernand Léger (finalement réalisé avec Dudley Murphy), Jeux des reflets et de la vitesse (1924-25) de Henri Chomette pour la version préalable, Anémic Cinéma (1926) de Marcel Duchamp, Paris Express (1928) de Pierre Prévert, L'Essai de simulation du délire cinématographique en 1935 sur un scénario de André Breton et Paul Eluard dont il ne reste, avec Combat de boxe (1929) et Brancusi, que des photos et témoignages; enfin Ruth, Roses and Revolvers (1947) de Hans Richter pour lequel il écrit le scénario.
Man Ray passera les années 40 aux USA et particulièrement à Hollywood, où il refuse les propositions de l'industrie cinématographique qu'il considère trop fragmentaires et limitées. Ses films resteront des oeuvres personnelles et il n'envisage que les collaborations "plaisantes" comme celles de Albert Lewin pour il réalise le portrait d'Ava Gardner qui figure dans Pandora. En 1951, Man Ray revient à Paris et s'installe Rue Férou. En 1963, il publie son Autoportrait dans lequel un chapitre entier est consacré au cinéma. Ce n'est que dix ans après sa mort, en 1986, que la première rétrospective intégrale de ses films se tient à Paris à l'initiative de Cinédoc au cinéma des Trois Luxembourg et à la Fondation Mona Bismarck. A cette occasion, Paris Express, Autoportrait, Courses landaises, La Garoupe et Deux femmes sont restaurées après avoir été retrouvés ; Emak Bakia, Etoile de Mer et Les Mystères du Château du Dé sont sonorisés selon les instructions laissées par Man Ray.
Claudine Eizykman, Un Cabinet d'Amateur, Cinémathèque Française, mars 93







Summary
A series of unidentifiable black and white images, flashing flakes, dancing pins… A neon sign broadcasts the day’s news.  Then, more unfathomable images, perhaps a corridor traversed in a state of drunken intoxication or half-sleep…  The images become more abstract, more erratic, and finally we see a woman’s eye between a car’s headlights.  The car is driving along country lanes and stops.  The woman driver steps out, again, and again…  At a party, the woman dances the Charleston…  On a beach, the woman sunbathes… as fish swim in the water.  More incomprehensible images, involving revolving objects, a dancing silhouette, and lights dancing in a black void.  A woman awakens...  And the reason for this extravagance?  A man drives his car into town and enters a tailor’s shop.  Discarded shirt collars are piled up.  The man removes his own shirt collar.  As it falls, it revolves and gradually becomes a formless white shape mingling with black space.  A woman has garishly made-up eyes.  But she is really asleep, and these are false eyes painted on her eyelids.  She opens her eyes...

Review
Of the small handful of films which the great surrealist artist Man Ray made in the 1920s, Emak-Bakia is arguably the one which adheres most closely to the principles of Dadaist surrealism.   It is also perhaps the most baffling of Man Ray’s films, involving some of his most extraordinary abstract visual imagery, with far less recognisable images than his other films, such as L’Étoile de mer and Les Mystères du château de Dé.   The film is in fact closer in style to Man Ray’s 1923 experimental short film, Le Retour à la raison, and uses some of the techniques which the artist invented for that film.  The title "Emak-Bakia" was taken from an old Basque expression, which translates as "Don't bother me."

Whilst (as with most abstract works) the film’s interpretation is left mainly to its spectator, similarities with Man Ray’s other films can easily be divined.  A recurrent theme in the artist’s films (and indeed surrealist art in general at that time) is the relationship between dreams and desire. Freudian notions about the subconscious shaping our conscious thoughts and acts can easily be discerned in much of surrealist art in the 1920s.  It is no surprise that Man Ray’s films have the character of a hazy dream, with strong sexual undertones.   Emak-Bakia could, for example, be interpreted as a woman dreaming about her own intimate desires, transposing her conscious sensual experiences into a chaotic, revolving morass of abstract thoughts.  We see both of her worlds in this film, both inextricably intertwined and forever inter-dependent – the physical world of corporeal pleasures, and the inner world of her mind, which no man can ever hope to interpret.

© James Travers 2002

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