DESOLE MAIS LA PHOTO DE KIKI PAR MAN RAY A ETE RETIRE PAR MENACE PAR L'ADGAP
KIKI PAR FOUJITA
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KIKI PAR KISLING

DESOLE MAIS LA PHOTO DE KIKI PAR MAN RAY A ETE RETIRE PAR MENACE
PAR L'ADGAP



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Ma naissance
Je suis née le 2 octobre 1901 dans un joli coin de la Bourgogne.
Ma mère avait dix-huit ans et son amant, mon père, dix-neuf ; elle était pauvre, il était riche ; beaux tous les deux.
Mon père fut obligé, plus tard, par ses père et mère, de faire un mariage de raison avec une fille de ferme qui avait du bien.
Quant à ma mère, elle cacha "sa faute" à son père jusqu'au dernier moment. Mon arrivée n'était pas désirée !
Quand je m'annonçai, ma mère était à quelques mètres de chez elle ; les douleurs l'ont forcée à s'asseoir au bord du trottoir.
J'avais déjà la tête dans le ruisseau, mais ma mère s'obstinait toujours à ne pas me laisser passer. Le cordon autour du cou, je commençais déjà à violacer quand le hasard a voulu que j'aie une
chance pour moi.
Mon futur parrain qui venait aux nouvelles a vu le tableau ; il a engueulé ma mère et lui a dit :
"Marie, laisse-la donc passer, l'Alice."
"L'Alice, c'était moi !
Mon parrain a enlevé ma mère dans ses bras et l'a portée dans son lit.
Comme il était contrebandier d'alcool, il lui a foutu une de ces cuites ! Et moi, j'en ai profité, j'avais aussi mon pompon en arrivant.
(KIKI)








KIKI PAR Medjinsky (1921)
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Dans ses mémoires, Man Ray raconte qu’Alice Prin, dite Kiki de Montparnasse, refusait de
poser pour lui, parce que, disait-elle, "un photographe n’enregistrait que la réalité". Relatant sa réponse à Kiki, il poursuit : "Pas moi… je photographiais comme je peignais,
transformant le sujet comme le ferait un peintre. Comme lui, j’idéalisais ou déformais mon sujet". Le Violon d’Ingres illustre particulièrement ces propos évoquant une
photographie à mi-chemin entre la peinture et la reproduction mécanique.
Le corps de Kiki vu de dos ainsi que la position de sa tête, coiffée d’un turban oriental, rappellent les baigneuses d'Ingres, notamment le personnage situé au premier plan du
Bain turc, référence suggérée à Man Ray par la perfection du corps de la jeune femme qui, dit-il, "aurait inspiré n’importe quel peintre académique".
Grâce aux deux ouïes dessinées à la mine de plomb et à l’encre de Chine sur l’épreuve, le corps est ici métamorphosé en violon. Si Man Ray joue avec l’expression populaire "avoir un violon
d’Ingres", c’est-à-dire un hobbie, qui rappelle qu’Ingres était un fervent violoniste, il entend aussi révéler l’érotisme de la jeune femme et sa propre passion : elle est son violon
d’Ingres. Le photographe évoque ainsi le thème de "l’amour fou", qu’André Breton explore à son tour dans l’ouvrage éponyme de 1937.
Enfin, le rapprochement d’un corps de femme et d’un violon illustre le principe de la rencontre insolite cher aux surréalistes. À cet égard, cette photographie est publiée pour la première fois
en juin 1924 sur la page de garde du numéro 13 de la revue d’André Breton et Philippe Soupault, Littérature, et a longtemps appartenu à Breton. C’est ce tirage
original que possède le Mnam, ainsi qu’une variante où Kiki pose de profil.
Man Ray ayant autorisé des retirages à plusieurs reprises, il existe d’autres exemplaires de cette photographie. À partir de l’une des rééditions, il réalise en 1965 une autre version du
Violon d’Ingres en traçant quatre cordes, non pas en trompe-l’œil comme les ouïes, mais au milieu de l’image sur toute sa longueur.(Centre Pompidou)
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Kiki de Montparnasse
ou Kiki, née Alice Ernestine Prin, le 2 octobre 1901 à Châtillon-sur-Seine (Côte-d'Or) et morte le 29
mars 1953 à Paris était le modèle, la muse, l'amie et aussi
l'amante d'artistes célèbres à Montparnasse dans les années 1920 (peintres, photographes, écrivains, ...), elle était aussi chanteuse de cabarets, a fait quelques timides apparitions
cinématographiques et fut peintre à son tour avant d'écrire ses mémoiresEnfant illégitime, elle est élevée par sa grand-mère dans une grande pauvreté. À l'âge de douze ans, elle quitte
Châtillon pour rejoindre sa mère, Marie Prin, qui est linotypiste à Paris et tient à lui perfectionner son éducation. À treize ans, elle la retire de l'école pour la faire travailler comme
apprentie, puis comme ouvrière.
En
1916, Marie Prin rencontre Noël Delecoeuillerie un jeune homme revenu blessé du front, il est de onze ans son cadet, elle l'épousera deux ans après. En 1917, Alice est placée à seize ans
comme bonne à tout faire chez une boulangère. Elle se révolte contre les mauvais traitements de cette dernière qui la licencie. Pour compenser le manque d'argent, elle pose nue chez un
sculpteur pour la première fois, s'ensuit une violente brouille avec sa mère, Alice se retrouve dehors.
En 1921, elle devient la compagne
et le modèle préféré de Man Ray qui
disait que son physique était de la tête aux pieds irréprochable. Il fit d'elle de nombreuses photographies dont la célèbre photo d'une femme
assise dont le dos porte des ouvertures analogues à celles d'un violoncelle, Le Violon d'Ingres. En 1924, Moïse Kisling peint son portrait intitulé
Nu assis. Elle a également posé pour Léonard Foujita en 1922 pour
son tableau Nu couché à la toile de Jouy.
Elle
apparait dans plusieurs films : Cette vieille canaille (1933), L'Étoile de mer (1928), Emak-Bakia (1926), La Galerie des monstres (1924), Ballet mécanique (1924), Le Retour à la raison (1923)


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KIKI PAR SOUTINE

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KIKI PAR FOUJITA


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KIKI PAR KISLING
Préfacés par Hemingway, censurés aux États-Unis en même temps que l'Ulysse de Joyce et publiés une première fois en 1929, le manuscrit de ces Souvenirs remanié
en 38 avait disparu dans les années 50 avec son auteur.
Il est réapparu récemment, étiqueté de la mention " infiniment précieux ".
Précieux, le témoignage de Kiki, modèle et peintre dans le Montparnasse des années 20, l'est sans nul doute à travers ses anecdotes.
Avant de se mettre au travail, Foujita, dont
"l' accent japonais (...) lui interdit de prononcer les "r" ", inspectait ses modèles pour vérifier si elles hébergeaient des " molpions ".
Modigliani, l'homme aux
" trois maîtresses dont il n'arrivait pas à se dépêtrer (...) mangeait d'une main et de l'autre dessinait ".
Pour Kisling,
" très sensible sous une écorce rude ", toutes les filles s'appelaient " salope " et il l'accueillait d'un " magnifique coup de pied au cul " si elle arrivait en
retard pour la pose.
Man Ray, Soutine, Desnos... la " grande famille d'affamés " se retrouvait dans les cafés de Montparnasse.
" C'est là que nous nous réunissons tous, là que s'échafaudent les grands espoirs "
écrit Kiki dans des élans de nostalgie à nous arracher des larmes, nous qui voyons arts et lettres désormais se produire sur les plateaux télévisés.
Mais qu'on ne se méprenne pas : ce n'est pas pour se prévaloir d'avoir fréquenté des célébrités qu'elle offre à chacun son chapitre mais plutôt pour remercier ces amis de ne l'avoir jamais
laissée tomber.
Car l'égérie des Montparnos avait du coeur. Parfois un peu trop et au détriment de ces Souvenirs retrouvés.
" Si j'avais été un tout petit peu grue, qu'est-ce que je pouvais avoir !... Pouah ! Faire ça pour de l'argent !... Je suis restée la fille très sentimentale et
pleine d'affection que j'ai dû comprimer toute ma jeunesse. "
Mais comment devient-on égérie ?
Bâtarde recueillie par sa grand-mère, Alice Prin quitte sa Bourgogne natale pour Paris où, à 13 ans, on lui confie son premier travail intéressant : relier le Kama-sutra.
Les belles images inspirent à ses " entre-cuisses des mouvements d'oiseau qui n'arrive pas à s'envoler " mais rendent la réalité amoureuse bien fade en comparaison, d'autant qu'une anomalie
physiologique la prive longtemps de son dépucelage.
Une fois cet obstacle franchi, la faim et un goût certain pour l'art
" Poète, peintre ou théâtreux. En dehors de ces trois professions, je n'admettais aucun autre mortel "
la conduisent tout naturellement à devenir modèle, unique alternative à l'atelier ou au métier de " boniche " pour une jeune fille pauvre et déracinée.
Quand Alice devient Kiki. Kiki de Montparnasse parce que c'est là que tout se joue.
" Je vais la gueule au vent et fais ma visite à tous les bistros du coin "
La Rotonde, Le Dôme, La Coupole... Le Jockey, aussi, cabaret où elle entame une carrière de chanteuse quand les kilos l'obligent à se recycler.
Mais la fin des années vingt et la Grande crise sonnent bientôt le glas de cette terre de bohème intra-muros.
Tournées à Saint-Tropez et à Berlin, sa mère et son amant devenu fou meurent, drogues et alcools, l'étoile de Kiki commence à pâlir.
Les surréalistes, " ces grands gamins crédules ", prennent possession des lieux.
La cote des peintres réunis sous l'appellation École de Paris s'envole.
On retape les cafés.
" Montparnasse ne se signale pas spécialement "
conclut Kiki en épitaphe.
Fin d'une époque, début d'une légende.
(préface de Serge Plantureux)
(Souvenirs retrouvés
Kiki de Montparnasse
Éditions José Corti)
DESOLE MAIS LA PHOTO DE KIKI PAR MAN RAY A ETE RETIRE PAR MENACE PAR L'ADGAP
KIKI PAR Kees Van Dongen

Modigliani

KIKI PAR KISLING
KIKI PAR PABLO GARGALLO (1928)




Kiki de Montparnasse, Souvenirs retrouvés,
préface de Serge Plantureux
© éditions Corti et Serge Plantureux, 1er avril 2005.
1929, Paris s’amuse… avant la
crise.
Une petite fille de rien du tout est élue Reine de Montparnasse. Man Ray publie d’elle des photos coquines et Ernest Hemingway rédige une préface pour l’édition américaine de ses
Souvenirs. Kiki a vingt-huit ans, a déjà connu Modigliani et Soutine, Desnos et Kisling…
La censure américaine ne supportera pas le style leste de ses histoires et le livre entrera dans la légende, interdit comme Ulysse de Joyce.
Et pourtant le texte de 1929 nous semble bien édulcoré, très en deçà de l’extraordinaire version définitive rédigée neuf ans plus tard et disparue depuis 65 ans.
Le manuscrit gisait au milieu de milliers de cartons avec, sur une petite étiquette de bristol, cette simple mention « infiniment précieux ».
Voici donc enfin les Souvenirs retrouvés de Kiki de Montparnasse, dans une version intégrale au style inégalable et que l’on n’est pas près d’oublier.
N’ayant plus rien à prouver, ni quiconque à ménager, Kiki se livre sans fard et sans arrière-pensée.

KIKI PAR PABLO GARGALLO (1933)


KIKI PAR Henriette DELORAS