"Quand un salon littéraire devient un boudoir pour dames"
18 Avril 2009
A
ABÉLARD. Inutile d’avoir la moindre idée de sa philosophie, ni même de connaître le titre de ses ouvrages. – Faire une allusion discrète à la mutilation opérée sur lui par Fulbert. – Tombeau d’Éloïse et d’Abélard ; si l’on vous prouve qu’il est faux, s’écrier. « Vous m’ôtez mes illusions. »
ABRICOTS. Nous n’en aurons pas encore cette année.
[ABSALON. S’il eût porté perruque, Joab n’aurait pu le tuer. Nom facétieux à donner à un ami chauve.]
ABSINTHE. Poison extra-violent [: un verre et vous êtes mort. Les journalistes en boivent pendant qu’ils écrivent leurs articles.] – A tué plus de soldats que les Bédouins.
ACADÉMIE FRANÇAISE. La dénigrer, mais tâcher d’en faire partie si on peut.
[ACCIDENT. Toujours « déplorable » ou « fâcheux » ; comme si on devait jamais trouver un malheur une chose réjouissante.]
[ACCOUCHEMENT. Mot à éviter ; le remplacer par événement. « Pour quelle époque attendez-vous l’événement ? »]
[ACHILLE. Ajouter « aux pieds légers » ; cela donne à croire qu’on a lu Homère.]
ACTRICES. La perte des fils de famille. – Sont d’une lubricité effrayante, se livrent à des orgies, avalent des millions (finissent à l’hôpital). – Pardon ! il y en a qui sont bonnes mères de famille !
[ADIEUX. Mettre des larmes dans sa voix en parlant des Adieux de Fontainebleau.]
[ADOLESCENT. Ne jamais commencer un discours de distribution des prix autrement que par « Jeunes adolescents », ce qui est un pléonasme.]
AFFAIRES (LES). Passent avant tout. – Une femme doit éviter de parler des siennes. Sont dans la vie ce qu’il y a de plus important. – Tout est là.
[AGENT. Terme lubrique.]
AGRICULTURE. [Une des mamelles de l’État (l’État est du genre masculin, mais ça ne fait rien). On devrait l’encourager.] Manque de bras.
[AIL. Tue les vers intestinaux et dispose aux combats de l’amour. On en frotta les lèvres de Henri IV au moment où il vint au monde.]
AIRAIN. Métal de l’antiquité. [les injures s’écrivent dessous.]
AIR. Toujours se méfier des courants d’air. – Invariablement le fond de l’air est en contradiction avec la température : si elle est chaude, il est froid, et l’inverse.
ALBÂTRE. Sert à décrire les plus belles parties du corps de la femme.
[ALBION. Toujours précédé de blanche, perfide, positive. Il s’en est fallu de bien peu que Napoléon en fît la conquête. En faire l’éloge : la libre Angleterre.]
[ALCIBIADE. Célèbre par la queue de son chien. Type de débauché. Fréquentait Aspasie.]
ALCOOLISME. Cause de toutes les maladies modernes [(v. ABSINTHE et TABAC)].
[ALLEMAGNE. Toujours précédé de « blonde », « rêveuse ». Mais quelle organisation militaire !]
ALLEMANDS. Peuple de rêveurs (vieux). [Ce n’est pas étonnant qu’ils nous aient battus, nous n’étions pas prêts !]
[ALOÈS. Coup de canon.]
[AMBITIEUX. En province, tout homme qui fait parler de lui. « Je ne suis pas ambitieux, moi ! » veut dire égoïste ou incapable.]
[AMBITION. Toujours précédé de « folle » quand elle n’est pas « noble ».]
AMÉRIQUE. Bel exemple d’injustice : c’est Colomb qui la découvrit et elle tire son nom d’Améric Vespucci. [Sans la découverte de l’Amérique, nous n’aurions pas la syphilis et le phylloxéra. L’exalter quand même, surtout quand on n’y a pas été.] – Faire une tirade sur le self-government.
[AMIRAL. Toujours brave. Ne jure que par « mille sabords ! »]
[ANDROCLÈS. Citer le lion d’Androclès à propos de dompteurs.]
ANGE. Fait bien en amour et en littérature.
ANGLAIS. Tous riches.
ANGLAISES. S’étonner de ce qu’elles ont de jolis enfants. [Les vieilles Anglaises sont toujours laides.]
[ANTÉCHRIST. Voltaire, Renan…]
ANTIQUITÉ. Et tout ce qui se (sic) rapporte, poncif, embêtant.
ANTIQUITÉS (LES). Sont toujours de fabrication moderne.
[APLOMB. Toujours suivi de « infernal » ou précédé de « rude ».]
APPARTEMENT DE GARÇON. Toujours en désordre. – Avec des colifichets de femme traînant ça et là. – Odeur de cigarettes. – On doit y trouver des choses extraordinaires.
[APPÉTIT. Ce qui le donne.]
[ARBALÈTE. Belle occasion pour raconter l’histoire de Guillaume Tell.]
ARCHIMÈDE. Dire à son nom : « Euréka ! ». – « Donnez-moi un point d’appui et je soulèverai le monde. » – Il y a encore la vis d’Archimède ; mais on n’est pas tenu de savoir en quoi elle consiste.
ARCHITECTES. Tous imbéciles. Oublient toujours l’escalier des maisons.
ARCHITECTURE. Il n’y a que quatre ordres d’architecture. – Bien entendu qu’on ne compte pas l’égyptien, le cyclopéen, l’assyrien, l’indien, le chinois, gothique, roman, etc.
ARGENT. Cause de tout le mal. – Dire : Auri sacra fames. [Le dieu du jour (ne pas confondre avec Apollon). Les ministres le nomment traitement, les notaires : émoluments, les médecins : honoraires, les employés : appointements, les ouvriers : salaires, les domestiques : gages. L’argent ne fait pas le bonheur.]
[ARMÉE. Le rempart de la Société.]
ARSENIC. Se trouve partout. Rappeler Mme Lafarge ( ?). – Cependant, il y a des peuples qui en mangent.
[ART. Ça mène à l’hôpital. À quoi ça sert, puisqu’on le remplace par la mécanique qui fait mieux et plus promptement. Beaux-arts, arts industriels.]
ARTISTES. Tous farceurs. – Vanter leur désintéressement (vieux). – S’étonner de ce qu’ils sont habillés comme tout le monde (vieux). – Gagnent des sommes folles, mais les jettent par les fenêtres. – Souvent invités à dîner en ville. – Femme artiste ne peut être qu’une catin. [Ce qu’ils font ne peut s’appeler travailler.]
ARTS. Sont bien inutiles, puisqu’on les remplace par des machines, qui fabriquent même plus promptement.
ASPIC. Animal connu par le panier de figues de Cléopâtre.
[ASSASSIN. Toujours « lâche », même quand il a été intrépide et audacieux. Moins coupable qu’un incendiaire.]
ASTRONOMIE. Belle science. – Très utile pour (n’est utile que pour) la marine. – Et, à ce propos, rire de l’astrologie.
ATHÉE. Un peuple d’athées ne saurait subsister.
AUTEUR. On doit « connaître des auteurs » ; inutile de savoir leur nom. [Mots d’auteurs. Manière dont il vivent.]
AUTRUCHE. Digère les pierres.
AVOCATS. Trop d’avocats à la Chambre. – Ont le jugement faussé [à force
de plaider le pour et le contre]. – Dire d’un avocat qui parle mal : « Oui, mais il est fort en droit. »
B
BACCALAURÉAT. Tonner contre.
[BADAUD. Tous les Parisiens sont des badauds quoique sur dix habitants de Paris il y ait neuf provinciaux. À Paris on ne travaille pas.]
BADIGEON. Dans les églises. Tonner contre. Cette colère artistique est extrêmement bien portée.
BAGNOLET. Pays célèbre par ses aveugles.
[BAGUE. Il est très distingué de la porter au doigt indicateur. La mettre au pouce est très oriental. Porter des bagues déforme les doigts.]
BÂILLEMENT. Il faut dire : « Excusez-moi, ça ne vient pas de l’ennui, mais de l’estomac. »
[BAISER. Dire embrasser, plus décent. Doux larcin. Le baiser se dépose sur le front d’une jeune fille, la joue d’une maman, la main d’une jolie femme, le cou d’un enfant, les lèvres d’une maîtresse.]
BALLONS. Avec les ballons, on finira par aller dans la lune. – On n’est pas près de les diriger.
BANDITS. Toujours féroces.
BANQUET. La plus franche cordialité ne cesse d’y régner. – On en emporte le meilleur souvenir, et on ne se sépare jamais sans s’être donné rendez-vous pour l’année prochaine. – Un farceur doit dire : « Au banquet de la vie, infortuné convive… » [Banquet démocratique, toujours veau et salade. Diverse sorte de banquets, à developper : militaire, académique, d’anciens élèves, d’anniversaire.]
BANQUIERS. Tous riches, Arabes, loups-cerviers.
BARAGOUIN. Manière de parler aux (sic) étrangers. – Toujours rire de l’étranger qui parle mal français.
BARBE. Signe de force. – Trop de barbe fait tomber les cheveux. – Utile pour protéger les cravates. [Coupe diverses.]
[BARBIER. Aller chez « le Frater » Figaro. Le barbier de Louis XI. Autrefois saignait. – de village.]
BAS-BLEU. Terme de mépris pour désigner toute femme qui s’intéresse aux choses intellectuelles. – Citer Molière à l’appui : « Quand la capacité de son esprit se hausse… », etc.
BASES. De la société, sont (id est) la propriété, la famille, la religion, le respect des autorités. – En parler avec colère si on les attaque.
BASQUES. Le peuple qui court le mieux.
BASILIQUE. Synonyme pompeux d’église ; est toujours imposante.
BATAILLE. Toujours sanglante. Il y a toujours deux vainqueurs, le battant et le battu.
BÂTON. Plus redoutable que l’épée.
BAUDRUCHE. Ne sert qu’à faire des ballons.
BAYADÈRE. [Mot qui entraîne l’imagination.] Toutes les femmes de l’Orient sont des bayadères. – Ce mot entraîne l’imagination fort loin. [(v. ODALISQUES)]
[BEETHOVEN. Ne prononcez pas Bitovan. Se pâmer quand même lorsqu’on exécute une de ses œuvres. Des ouvertures de Bêtes aux veines (vieux) – « Duel ensemble » – « C’est cet art de lier. »]
[BELGES. Il faut appeler les Belges des Français contrefaits, ça fait toujours rire – « Savez-vous ».]
[BERGERS. Les bergers sont tous sorciers. Ont la spécialité de causer avec la Sainte Vierge.]
[BÊTES. Ah ! si les bêtes pouvaient parler ! Il y en a qui sont plus intelligentes que des hommes.]
BIBLE. Le plus ancien livre du monde.
BIBLIOTHÈQUE. Toujours en avoir une chez soi, principalement quand on habite la campagne.
BIÈRE. Il ne faut pas en boire, ça enrhume.
BILLARD. Noble jeu. – Indispensable à la campagne.
BLONDES. Plus chaudes que les brunes (voy. BRUNES). [Le bleu sied bien aux blondes.]
BOIS. Les bois font rêver. – Sont propres à composer des vers [(voyez SITE)]. – À l’automne, quand on se promène, on doit dire. « De la dépouille de nos bois, etc.»
[BONNES. Les bonnes sont toutes mauvaises. Il n’y a plus de domestiques !]
BONNET GREC. Indispensable à l’homme de cabinet. – Donne de la majesté au visage.
BOSSUS. Ont beaucoup d’esprit. – Sont très recherchés par des femmes lascives. [Chevaliers des prostituées. Dites : « un homme gibbeux », c’est plus poli. Toucher sa bosse porte bonheur.]
[BOTTE. Par les grandes chaleurs, ne jamais oublier les allusions sur les bottes de gendarmes ou les souliers des facteurs (n’est permis qu’à la campagne, au grand air). On n’est bien chaussé qu’avec des bottes.]
BOUCHERS. Sont terribles en temps de révolution. [Les bouchers sont tous gras. Tous brutaux, ils écrasent les enfants dans les rues.]
BOUDDHISME. « Fausse religion de l’Inde » (définition du dictionnaire Bouillet, 1re édition).
BOUDIN. Signe de gaieté dans les maisons. – Indispensable la nuit de Noël.
BOUILLI (LE). C’est sain. Inséparable du mot soupe : la soupe et le bouilli. [Un bon bouilli est une bonne chose.]
BOULET. Le vent des boulets rend aveugle (asphyxie).
[BOURREAU. Toujours de père en fils.]
BOURSE (LA). Thermomètre de l’opinion publique.
BOURSIERS. Tous voleurs.
BOUTONS. Au visage ou ailleurs, signe de santé et de force du sang. – Ne point les faire passer.
BRACONNIERS. Tous forçats libérés. – Auteurs de tous les crimes commis dans les campagnes. Doivent exciter une colère frénétique : « Pas de pitié, Monsieur, pas de pitié ! » [Cependant c’est à eux qu’on s’adresse quand on veut un bon chien de chasse.]
BRAS. Pour gouverner la France, il faut un bras de fer.
BRETELLES.....
BRETONS. Tous braves gens, mais entêtés.
[BROCHE. Doit toujours encadrer une mèche de cheveux ou une photographie.]
BRUNES. Sont plus chaudes que les blondes (voy. BLONDES).
BUDGET. Jamais en équilibre.
BUFFON. Mettait des manchettes pour écrire.
BUREAU........
[CACHET. Toujours suivi de « tout particulier ». Exemple : « Le soleil imprimait à ce paysage un cachet tout particulier. » Cette métaphore devrait être exclusivement réservée aux employés de la poste chargés du timbrage des lettres. « Ça ne manque pas de cachet. »]
[CACHOT. Toujours « affreux ». La paille y est toujours humide. On n’en a pas encore rencontré de délicieux.]
[CADEAU. Ce n’est pas la valeur qui en fait le prix, ou bien ce n’est pas le prix qui en fait la valeur. « Le cadeau n’est rien, c’est l’intention qui compte. »]
CAFÉ. Donne de l’esprit. – N’est bon qu’en venant du Havre. [Le meilleur c’est le mélange Martinique.] – Dans un grand dîner, doit se prendre debout. – L’avaler sans sucre, très chic, donne l’air d’avoir vécu en Orient.
CALVITIE. Toujours précoce, et causée par des excès de jeunesse ou la conception de grande pensée.
[CAMARILLA. S’indigner quand on prononce ce mot.]
CAMPAGNE. Les gens de la campagne, meilleurs que ceux des villes ; envier leur sort. – À la campagne tout est permis ; habits bas, farces, etc.
CANARDS. Viennent tous de Rouen. [N’est bon qu’avec des navets.]
[CANDEUR. Toujours « adorable ». On en est rempli ou on n’en a pas du tout.]
CANONNADE. Change le temps. [Mettre son oreille à terre pour l’entendre quand elle est éloignée.]
CARABINS. Dorment près des cadavres. – Il y a (sic) qui en mangent.
CARÈME. Au fond n’est qu’une mesure hygiénique.
CATAPLASME. Doit toujours être mis en attendant l’arrivée du médecin.
CATHOLICISME. A eu une influence très favorable sur les arts.
CAVALERIE. Plus noble que l’infanterie.
CAVERNES. Habitation ordinaire des voleurs. – Sont toujours remplies de serpents.
CAUCHEMAR. Vient de l’estomac.
CÈDRE. Celui du Jardin des Plantes a été rapporté dans un chapeau.
CÉLÉBRITÉ. Les célébrités : s’inquiéter du moindre détail de leur vie privée, afin de pouvoir les dénigrer. [Musset se saoulait. Balzac était criblé de dettes. Hugo était avare…]
CÉLIBATAIRES. Tous égoïstes et débauchés [, couchent avec leurs femmes]. – On devrait les imposer. – Se préparent une triste vieillesse.
CENSURE. Utile ! on a beau dire.
CERCLE. On doit toujours faire partie d’un.
CERTIFICAT. Garantie pour les familles et pour les parents. – Est toujours favorable.
[CÉRUMEN. « Cire humaine » . Se garder de l’ôter parce qu’elle empêche les insectes d’entrer dans les oreilles.]
[CHACAL. Singulier de shakos (vieux, mais fait toujours rire).]
CHALEUR. Toujours insupportable. – Ne pas boire quand il fait chaud. [« On ne respire pas. »]
CHAMBRE À COUCHER. Dans un vieux château : Henri IV y a toujours passé une nuit.
CHAMEAU. A deux bosses et le dromadaire une seule. – Ou bien le chameau a une bosse et le dromadaire deux (on ne sait pas au juste, on s’y embrouille). [Être sobre comme un chameau.]
CHAMPAGNE. Caractérise le dîner de cérémonie. – Faire semblant de le détester, en disant que « ce n’est pas un vin » . – Provoque l’enthousiasme chez les petites gens. [Le délire doit s’emparer des convives au moment où sautent les bouchons ; on ne connaît] – La Russie en consomme plus que la France. – C’est par lui que les idées françaises se sont répandues en Europe. – Sous la Régence, on ne faisait pas autre chose que d’en boire. – (Mais on ne le boit pas, on le « sable ».) [Les amoureux malins n’en boivent jamais.]
CHAMPIGNONS. Ne doivent être achetés qu’au marché (ne manger que ceux qui viennent du marché).
CHANTEUR. Avalent tous les matins un œuf frais pour s’éclaircir la voix. Le ténor a toujours une voix charmante et tendre, le baryton un organe sympathique et bien timbré, et la basse une émission puissante.
CHAPEAUX. Protester contre la forme des [chapeaux].
CHARCUITIER (sic). Anecdote des pâtés faits avec de la chair humaine. – Toutes les charcutières sont jolies.
CHARTREUX. Passent leur temps à faire de la chartreuse, à creuser leur tombe et à dire : « Frère, il faut mourir. »
CHASSE. Excellent exercice que l’on doit feindre d’adorer. – Fait partie de la pompe des souverains. – Sujet de délire pour la magistrature.
[CHASSEUR. Tous les chasseurs sont des blagueurs. Les appeler « Nemrod », ça les flatte toujours, sans savoir pourquoi ; ou bien « grand chasseur devant l’Éternelle ». L’attirail du chasseur. On se lève matin… La chaussure d’autant plus lourde qu’on a beaucoup à marcher. Affecte des airs rustiques.]
CHAT. Les chats sont traîtres. – Les appeler tigres de salon (sic). – Leur couper la queue pour empêcher le vertigo.
CHÂTAIGNE. Femelle du marron.
[CHATEAUBRIAND. Connu surtout par le beefsteak qui porte son nom.]
CHÂTEAU FORT. A toujours subi un siège sous Philippe-Auguste.
CHEMINÉE. Fume toujours. – Sujet de discussion à propos du chauffage.
CHEMINS DE FER. Si Napoléon les avait eus à sa disposition, il aurait été invincible. – S’extasier sur leur invention et dire : « Moi, monsieur, qui vous parle, j’étais ce matin à X... ; je suis parti par le train de X ; là-bas, j’ai fait mes affaires, etc. ,et à X heures, j’étais revenu ! »
CHEVAL. S’il connaissait sa force, ne se laisserait pas conduire. – Viande de cheval. – Beau sujet de brochure pour un homme qui désire se poser en personnage sérieux. – De course : le mépriser. À quoi sert-il ? « À cheval, messieurs ! » (dans tous les drames). Anecdotes : le cheval de fiacre devenu célèbre, un bidet qui a coûté 50 francs, etc. La plus noble…]
CHIEN. Spécialement créé pour sauver la vie à son maître. – (Le chien est l’idéal de) L’ami de l’homme (parce qu’il est son esclave dévoué). [Mettre du soufre dans leur eau pour les empêcher de devenir enragés. Collier de bouchons pour faire passer le lait des chiennes.]
CHIRURGIENS. Ont le cœur dur : appeler bouchers.
CHOLÉRA. Le melon donne le choléra. – On s’en guérit en prenant beaucoup de thé avec du rhum.
CHRISTIANISME. A affranchi les esclaves.
CIDRE. Gâte les dents.
CIGARES. Ceux de la Régie, « tous infects ! » . – Les seuls bons viennent par contrebande.
CIRAGE. N’est bon que si on le fait soi-même.
CLAIR-OBSCUR. On ne sait pas ce que c’est.
[CLARINETTE. En jouer rend aveugle. Ex. : Tous les aveugles jouent de la clarinette.]
CLASSIQUES (LES). On est censé les connaître.
CLOCHER. De village : fait battre le cœur.
[CLOU. Signe de santé. V. boutons.]
CLOWN. A été disloqué dès l’enfance.
CLUB. Sujet d’exaspération pour les conservateurs. – Embarras et discussion sur la prononciation de ce mot.
COCHON. L’intérieur de son corps étant « tout pareil à celui d’un homme », on devrait s’en servir dans les hôpitaux pour apprendre l’anatomie.
COCU. Toute femme doit faire son mari cocu.
COFFRES-FORTS. Leurs complications sont très faciles à déjouer.
COGNAC. Très funeste. – Excellent dans plusieurs maladies. – Un bon verre de cognac ne fait jamais de mal. Pris à jeun, tue le ver de l’estomac.
[COÏT, COPULATION. Mots à éviter. Dire. « Ils avaient des rapports... »]
[COLÈRE. Fouette le sang ; hygiénique de s’y mettre de temps en temps.]
COLLÈGE. Lycée. Plus noble qu’une pension.
COLONIES (NOS). S’attrister quand on en parle.
COMÉDIE. En vers, ne convient plus à notre époque. – On doit cependant respecter la haute comédie. [Castigat ridendo mores.]
COMÈTES. Rire des gens qui en avaient peur.
COMMERCE. Discuter pour savoir lequel est le plus noble, du commerce ou de l’industrie.
COMMUNION. La première communion : le plus beau jour de la vie.
[COMPAS. On voit juste quand on l’a dans l’œil.]
[COMPILATION. Facile à faire.]
[CONCERT. Passe-temps comme il faut.]
[CONCESSIONS. N’en faire jamais. Elles ont perdu Louis XVI.]
[CONCILIATION. Les prêcher toujours, même quand les contraires sont absolus. Donner des exemples.]
[CONCUPISCENCE. Mot de curé pour exprimer les désirs charnels.]
[CONCURRENCE. L’âme du commerce.]
CONFISEURS. Tous les Rouennais sont confiseurs.
CONFORTABLE. Précieuse découverte moderne.
CONGRÉGANISTE. Chevalier d’Onan.
CONJURÉ. Les conjurés ont toujours la manie de s’inscrire sur une liste.
CONSERVATEUR. Homme politique à gros ventre. « Conservateur borné ! – Oui, monsieur, les bornes servent de garde-fou. »
CONSERVATOIRE. Il est indispensable d’être abonné au Conservatoire.
CONSTIPATION. Tous les gens de lettres sont constipés. – Influe sur les convictions politiques.
[CONTRALTO. On ne sait pas ce que c’est.]
CONVERSATIONS. La politique et la religion doivent en être exclues.
COPAHU. Feindre d’en ignorer l’usage.
[COQ. Un homme maigre doit toujours dire qu’un bon coq n’est jamais gras.]
COR (AUX PIEDS). Indique le changement de temps mieux qu’un baromètre. – Très dangereux quand il est mal coupé ; citer des exemples d’accidents terribles. [Les plus prudents ne se les font jamais couper, on les arrache avec les ongles, on s’applique un morceau de viande macéré dans du vinaigre. Il faut éviter de monter les escaliers, ça donne des cors.]
COR DE CHASSE. Dans les bois, fait bon effet (et le soir sur l’eau).
[CORDÉE. On ne connaît pas la force d’une corde. Est plus solide que le fer.]
[CORDONNIER. Ne sutor ultra crepidam.]
CORPS. Si nous savions comment notre corps est fait, nous n’oserions pas faire un mouvement.
CORSET. Empêche d’avoir des enfants.
COSAQUES. Mangent de la chandelle.
COTON. Est surtout utile pour les oreilles. – Est une des bases de la société dans la Seine-Inférieure.
COURTISANNE (sic). Est un mal nécessaire. – Sauvegarde de nos filles et de nos sœurs (tant qu’il y aura des célibataires). – Ou bien : devraient être chassées impitoyablement. – On ne peut plus sortir avec sa femme, à cause de leur présence sur le boulevard. – Sont toujours des filles du peuple débauchées par des bourgeois riches. [Les appeler : créatures, hétaïres, impures, femmes vulvivagues.]
[COUTEAU. Est catalan quand la lame est longue. S’appelle poignard quand il a servi à commettre un crime.]
[COUSIN. Conseiller aux maris de se méfier du petit cousin.]
CRAPAUD. Mâle de la grenouille. – Possède un venin fort dangereux. Habite l’intérieur des pierres.
CRÉOLE. Vit dans un hamac.
[CRIMINEL. Toujours « odieux ».]
CRITIQUE. Toujours éminent. – Est censé tout connaître, tout savoir, avoir tout lu, tout vu. – Quand il vous déplaît, l’appeler un Aristarque (ou eunuque).
CROCODILE. Imite le cri des enfants pour attirer l’homme. [Ne pas prononcer : cocodrile. Sa peau est excellente pour faire des gants. Pleurs de crocodile.]
CROISADES. Ont été bienfaisantes (utiles seulement) pour le commerce de Venise.
CRUCIFIX. Fait bien dans une alcôve et à la guillotine.
[CUIR. Tous les cuirs viennent de Russie.]
CUISINE. De restaurant : toujours échauffante. – Bourgeoise : toujours saine. – Du Midi : trop épicée ou toute à l’huile. [Le pot au feu n’est bon que chez soi.]
CUJAS. Inséparable de Bartholde ; on ne sait pas ce qu’ils ont écrit, n’importe. – Dire à tout homme étudiant le droit : « Vous êtes enfermé dans Cujas et Bartholde »
[CURAÇAO. Le meilleur est de Hollande parce qu’il se fabrique à Curaçao, une des Antilles.]
[CURIOSITÉS ANTIQUES. Sont toujours de fabrication moderne.]
CYGNE. Chante avant de mourir. – Avec son aile, peut casser la cuisse d’un homme. [Blanc comme un cygne, attendu qu’il y en a des noirs] – Le cygne de Cambrai n’était pas un oiseau, mais un homme (évêque) nommé Fénelon. – Le cygne de Mantoue, c’est Virgile. – Le cygne de Pesaro, c’est Rossini.
[CYMBALES. Toujours « retentissantes ».]
CYPRÈS. Ne pousse que dans les cimetières.
[CZAR. Prononcer tzar, et de temps en temps « autocrate ».]
DAGUERRÉOTYPE. Remplacera la peinture [(v. PHOTOGRAPHIE)].
DAMAS. Seul endroit où l’on sache faire les sabres. – Toute bonne lame est de Damas.
[DAME. Tout pour les dames. Honneur aux dames. Ne jamais dire : « Ces dames sont au salon. »]
[DANSE. On ne danse plus, on marche.]
[DANTON. « De l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace ! »]
[DANUBE. Le Rubicond de la Turquie.]
[DARTRE. Signe de santé (v. BOUTONS).]
[DARWIN. Celui qui dit que nous descendons du singe.]
DAUPHIN. Porte les enfants sur son dos.
DÉBAUCHE. Cause de toutes les maladies des célibataires.
[DÉCHAÎNER. On déchaîne ses chiens et les mauvaises passions.]
DÉCORATION. De la Légion d’honneur. – La blaguer mais la convoiter. – Quand on l’obtient, toujours dire qu’on ne l’a pas demandée.
DÉCOR DE THÉÂTRE. N’est pas de la peinture : il suffit de jeter à vrac sur la toile un seau de couleurs ; puis on l’étend avec un balai ; et l’éloignement avec la lumière fait l’illusion.
DÉCORUM. Donne du prestige. – Frappe l’imagination des masses. – « Il en faut ! Il en faut ! »
DÉFAITE. S’essuie, et elle est tellement complète qu’il n’en reste personne pour en porter la nouvelle. [C’est se replier en bon ordre.]
[DÉFILÉ. Toujours citer les Thermopyles. Le défilé des Vosges sont les Thermopyles de la France (s’est beaucoup dit en 1870).]
DÉICIDE. S’indigner contre, bien que le crime ne soit pas fréquent.
DÉJEUNER DE GARÇONS. Exige des huîtres, du vin blanc et des gaudrioles.
[DÉLIRE. En poésie :locution qui l’expriment.]
DÉMÊLOIR. Fait tomber les cheveux.
DÉMOSTHÈNE. Ne prononçait pas de discours sans avoir un galet dans la bouche.
DENTS. Sont gâtées par le cidre, le tabac, les dragées, la glace, dormir la bouche ouverte et boire de suite après le potage.
DENT ŒILLÈRE. Dangereux de l’arracher parce qu’elle correspond à l’œil. L’arrachement d’une dent « ne fait pas jouir » .
DÉPURATIF. Se prend en cachette.
[DENTISTES. Tous menteurs. Se servent du baume d’acier. On les croit aussi pédicures. Se disent chirurgiens comme les opticiens se disent se disent « ingénieurs ».]
DÉPUTÉ. L’être, comble de la gloire. – Tonner contre la Chambre des députés. – Trop de bavards à la Chambre. – Ne font rien.
[DÉRATÉ. Courir comme un dératé. Inutile de savoir que l’extirpation de la rate n’a jamais été pratiquée sur l’homme.]
[DERBY. Mot de courses. Très chic.]
DESCARTES. « Cogito, ergo sum. »
DÉSERT. [L’image de l’infini.] Produit des dattes.
DESSERT. [Gaité. La joie la plus vive.] Regretter qu’on n’y chante plus. – Les gens vertueux le méprisent. « Non ! non ! pas de pâtisseries ! Jamais de dessert ! »
DESSIN (L’ART DU). Se compose de trois choses : la ligne, le grain, et le grainé fin ; de plus, le trait de force. Mais le trait de force, il n’y a que le maître seul qui le donne (Christophe.)
DEVOIRS. Les exiger de la part des autres, s’en affranchir. – Les autres en ont envers nous, mais on n’en a pas envers eux.
DÉVOUEMENT. Se plaindre de ce que les autres en manquent. – « Nous sommes bien inférieurs au chien, sous ce rapport ! »
DIAMANT. On finira par en faire ! – Et dire que ce n’est que du charbon ! – Si nous en trouvions un dans son état naturel, nous ne le ramasserions pas !
[DIANE. Déesse de la chasse-teté.]
DICTIONNAIRE. En dire : « N’est fait que pour les ignorants. »
DICTIONNAIRE DE RIMES. S’en servir ? honteux !
DIDEROT. Toujours suivi d’Alembert.
DIEU. Voltaire lui-même l’a dit : « Si Dieu n’existait pas, il faudrait l’inventer. »
DILETTANTE. Homme riche, abonné à l’Opéra.
DILIGENCES. Regretter le temps des diligences.
DÎNER. Autrefois on dînait à midi, maintenant on dîne à des heures impossibles. – Le dîner de nos pères était notre déjeuner, et notre déjeuner était leur dîner. – Dîner si tard que ça n’appelle pas dîner, mais souper. [C’est « dîner en ville » que d’aller à la campagne pour assister à un repas.]
DIOGÈNE. « Je cherche un homme. » – « Retire-toi de mon soleil. »
DIPLOMATIE. Belle carrière (mais hérissée de difficultés, pleine de mystères). Ne convient qu’aux gens nobles. – Métier d’une vague signification, mais au-dessus du commun. – Un diplomate est toujours fin et pénétrant.
DIPLÔME. Signe de science. – Ne prouve rien.
DIRECTOIRE (LE). Les hontes du. – « Dans ce temps-là, l’honneur s’était réfugié aux armées. » Les femmes, à Paris, se promenaient toutes nues.
DISSECTION. Outrage à la majesté de la mort.
[DIVA. Toutes les cantatrices doivent être appelées Divas.]
DIVORCE. Si Napoléon n’avait pas divorcé, il serait encore sur le trône.
DIX (LE CONSEIL DES). [On ne sait pas ce que c’est, mais] C’était formidable ! – Délibérait masqué. – En trembler encore.
DJIN. Nom d’une danse orientale.
DOCTEUR. Toujours précéder de « bon », et, entre hommes, dans la conversation familière, de « foutre » : « Ah ! foutre ! Docteur ! » [Est un aigle quand il a votre confiance, n’est plus qu’un âne dès que vous êtes brouillés.] Tous matérialistes. [« C’est qu’on ne trouve pas la foi au bout d’un scalpel. »]
DOCTRINAIRES. Les mépriser. Pourquoi ? On n’en sait rien.
[DOCUMENT. Toujours de la plus haute importance. Il n’y a pas de conspirateurs arrêtés qu’il ne soient porteurs de documents des plus compromettants.]
DOGE. Épousait la mer. – On n’en connaît qu’un. Marino Faliero.
[DOIGT. Le doigt de Dieu se fourre partout.]
DOLMEN. A rapport aux anciens Français. – Pierre qui servait au sacrifice des druides. – On n’en sait pas davantage. – Il n’y en a qu’en Bretagne.
DÔME. Tour de forme architecturale. – Comment se tient-il ? (S’étonner de ce que cela puisse tenir seul). – En citer deux : celui des Invalides et celui de Saint-Pierre de Rome.
[DOMICILE. Toujours « inviolable ». Cependant la Justice, la Police, y pénètrent quand elles veulent. « Je regagne mes pénates. » « Je rentre dans mes lares. »]
DOMINOS. On y joue d’autant mieux qu’on est gris.
DOMPTEURS DE BÊTES FÉROCES. Emploient des pratiques obscènes.
DONJON. Éveille des idées lugubres.
DORMIR (TROP). Épaissit le sang.
DORTOIRS. Toujours spacieux et bien aérés. – Préférables aux chambres pour la moralité des élèves.
DOS. Une tape dans le dos peut rendre poitrinaire.
DOUANE. On doit se révolter contre, et la frauder [(v. OCTROI).]
DOULEUR. A toujours un résultat favorable. – La véritable est toujours contenue.
DOUTE. Pire que la négation.
[DRAP. Tous les draps viennent d’Elbeuf.]
DRAPEAU (NATIONAL). Sa vue fait battre le cœur.
DROIT (LE). On ne sait pas ce que c’est.
[DRÔLE. Doit s’employer à tout propos : « C’est drôle. »]
DUEL. Tonner contre. – N’est pas une preuve de courage. – Prestige de l’homme qui a eu un duel. [En cas d’égratignure porter le plus lingtemps possible le bras enécharpe.]
DUPE. Mieux vaut être fripon que dupe.
[DUPUYTREN. Célèbre par sa pommade et son musée.]
[DUR. Ajouter invariablement « comme du fer ». Il y a bien « dur comme la pierre », mas c’est moins énergique.]