"Quand un salon littéraire devient un boudoir pour dames"
9 Septembre 2012

LES SENS
Rien sinon cette clarté
La clarté de ce matin
Qui te mènera sur terre
La clarté de ce matin
Une aiguille dans du satin
Une graine dans le noir
Œil ouvert sur un trésor
Sous les feuilles dans tes paumes
Le jeu grisant des aumônes
Chaudes
Le grand risques des refus
Blêmes
Sur les routes du hasard
Le mur dur perdra ses pierres
La clarté de ce matin
Dévêtus de tous mes regards tes seins
Tous les parfums d’un bouquet
De la violette au jasmin
En passant par le soleil
En passant par la pensée
Le bruit de la mer le bruit des galets
La mousse et l’odeur de la fleur du bois
Le miel l’odeur du pain chaud
Duvet des oiseaux nouveaux
La clarté de ce matin
La flamme qui t’enfanta
Qui naît bleue et meurt en herbe
Premier regard premier sang
Dans un champ de chair touchante
Les premiers mots du bonheur
Rafraîchissent leur ferveur
Sous des voiles de rosée
Et le ciel est sur tes lèvres
NOTRE ANNEE
J’aimerai ta maison
Chacune de ses pierres
Aime amour ma maison
Car j’aimerai la tienne
Nous sommes dans notre maison
Et nous sommes dans notre chambre
La maison est dans notre chambre
La maison est dans la forêt
Et nous marchons dans la forêt
Et je m’appuie sur ton épaule
Le jour entre deux arbres
Est le plus beau des arbres
Entre mains rayonnantes
La plus franche des mains
Nous n’avons qu’une bouche
À fleur de notre amour
Pour vivre pour mourir
Pour chanter et renaître
Dans le plus vieux brasier
Janvier un premier baiser
Janvier tous les mois sont beaux
Mai boucle une barque molle
Le duvet d’une veilleuse
La réponse vient de près
Les ailes retrouvent l’arbre
Et les feuilles le nuage
Chaque fleur a son soleil
Chaque visage est en fleur
Silence vertu d’automne
Silence le chant s’oublie
Et les cloches de la neige
Sonnent Décembre secret
Tu me donnes du courage
Avec toi l’année est belle
Ma bouche des quatre souffles
Fortune des éléments
Nous garderons pour cette année
La résistance de l’enfance
La nudité de la verdure
La nudité de tes yeux clairs
Et sous tes lèvres entr’ouvertes tes seins clairs
Montre tes seins ma révélée
Impose aux autres ton bonheur
Ces deux minutes d’eau claire
Retenues sur la pente et creusant leur éclat
Dans l’ombre je remue à peine
Assez pour dessiner le ciel
Assez pour recueillir les oiseaux du plaisir
Les oiseaux la caresse au joli ventre doux
Les oiseaux la caresse aiguë comme un serpent
Douce et dure bien-aimée
Comme un roc couvert de mousse
Comme un roc et comme un coq
Une mine de lumière
Un coq comme un incendie
Ni d’hier ni d’aujourd'hui
Un mouvement de couleurs
La lumière foudroyante
Désordre du temps passé
Moi pour dissiper la nuit
J’ai risqué tout mon sommeil
Contre un grand rêve et l’éveil
D’entre les vivants d’hier
D’entre les morts de demain.