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Moïcani - L'Odéonie

"Quand un salon littéraire devient un boudoir pour dames"

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"Pli Selon Pli" de Pierre Boulez d'après Stéphane Mallarmé

Pli selon pli est une œuvre de Pierre Boulez composée entre 1957 et 1962 d'après des poèmes de Stéphane Mallarmé. Elle a été créée en 1962 à Donaueschingen par Hans Rosbaud.

En 1989, le compositeur remanie en profondeur Improvisation III.

Chaque mouvement se fonde sur un poème de Mallarmé, allant du poème de jeunesse "Don du poème" (1865) pour le premier mouvement au tardif "Tombeau" (1897) pour le dernier. Boulez ne reprend pas les poèmes de Mallarmé en entier, mais en tire quelques vers choisis (le premier mouvement n'utilise que les premiers vers du poème de Mallarmé, et le dernier seulement les derniers vers). La soprano chante peu, elle représente un instrument parmi les autres plutôt qu'un soliste.

On a pu dire que l'organisation des poèmes par ordre chronologique de composition reconstituait une sorte de biographie de Mallarmé, hypothèse soutenue par le fait que l'œuvre s'achevait sur le mot "mort" (le dernier mot clairement intelligible).

Le langage musical de Pli selon pli est atonal, et seuls quelques instruments jouent à double emploi (les mêmes notes). Ceci est typique du style de Boulez, et démontre l'influence qu'Anton Webern a eue sur son œuvre.

Elle a une forme dynamique relativement large : les mouvements liminaux sont écrits pour de grands ensembles, le deuxième et le quatrième mouvements destinés à des formations plus petites, et le troisième mouvement central pour dix instruments et la soprano, soulignant la tendance générale de l'œuvre à commencer et à s'achever de manière forte, pour s'assourdir dans la partie centrale. Le premier mouvement commence par un choc sonore immédiatement suivi d'un silence, et l'œuvre se clot sur un dernier et rapide crescendo.

Igor Stravinski a décrit Pli selon pli comme "à la fois tout à fait monotone et charmant dans sa monotonie".
(Wikipédia)

 

Pierre Boulez : Pli selon pli

 

Don Du Poème
Je t’apporte l’enfant d’une nuit d’Idumée!
Noire, à l’aile saignante et pâle, déplumée, Par le verre brûlé d’aromates et d’or, Par les carreaux glacés, hélas! mornes encor, L’aurore se jeta sur la lampe angélique. Palmes! et quand elle a montré cette relique À ce père essayant un sourire ennemi, La solitude bleue et stérile a frémi. Ô la berceuse, avec ta fille et l’innocence De vos pieds froids, accueille une horrible naissance: Et ta voix rappelant viole et clavecin, Avec le doigt fané presseras-tu le sein Par qui coule en blancheur sibylline la femme Pour des lèvres que l’air du vierge azur affame?    
Tombeau

 

   

Anniversaire  Janvier 1897.

Le noir roc courroucé que la bise le roule
Ne s
arrêtera ni sous de pieuses mains
Tâtant sa ressemblance avec les maux humains
Comme pour en bénir quelque funeste moule.
 
Ici presque toujours si le ramier roucoule
Cet immatériel deuil opprime de maints
Nubiles plis l
astre mûri des lendemains
Dont un scintillement argentera la foule.
 
Qui cherche, parcourant le solitaire bond
Tantôt extérieur de notre vagabond

Verlaine
 ? Il est caché parmi lherbe, Verlaine
 
À ne surprendre que naïvement d
accord
La lèvre sans y boire ou tarir son haleine
Un peu profond ruisseau calomnié la mort.

 

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