"Quand un salon littéraire devient un boudoir pour dames"
4 Avril 2012
Connu pour ses audaces, Paul Poiret est un couturier français considéré comme un précurseur du style Art déco. A 18 ans, il est embauché comme dessinateur de mode chez Doucet, puis il travaille chez Worth pendant deux ans. En septembre 1903, il ouvre sa propre maison de couture et habille l'actrice Réjane. C'est d'ailleurs grâce à la comédienne que Paul Poiret démarre. Trois ans plus tard, il devient un pionnier de l'émancipation féminine en supprimant le corset pour créer des robes à la taille haute. En 1908, Paul Iribe, un célèbre dessinateur, crée son catalogue : 'Les Robes de Paul Poiret racontées par Paul Iribe'. Le catalogue connaît rapidement le succès, en particulier grâce à son côté novateur. En 1910, alors que les ballets russes triomphent à Paris et que l'orientalisme est à la mode, il achète des tissus colorés du Wiener Werkstätte à Vienne avec qui commence une collaboration. En 1911, il lance 'Les Parfums de Rosine' et 'Les Ateliers de Martine', du nom de ses deux filles. Fort de son succès, Paul Poiret devient le propriétaire d'un hôtel particulier où il organise des fêtes somptueuses qui marquent les esprits. L'heure est au triomphe : il habille les comédiennes les plus à la mode avec des vêtements exotiques inspirés par ses voyages. Il collabore avec le peintre Raoul Dufy et lance des imprimés audacieux. Plus tard, il crée la jupe-culotte et la jupe entravée, ce qui lui vaudra quelques scandales. Après la Première Guerre mondiale et quinze ans de succès, son image commence à pâlir. Dès 1923, la maison connaît des difficultés financières mais continue ses activités. Quelques années plus tard, Paul Poiret joue avec Colette dans la pièce de théâtre 'La Vagabonde'. Ce rôle ne lui permet pas de sauver son entreprise, qui ferme en 1929 avec la crise économique. L'année suivante, il publie 'En habillant l'époque' où il invente la gaine, souple et confortable. Avant de mourir oublié et pauvre en 1944, Paul Poiret publie trois livres de mémoires. ( Wikipédia)
En mai 2005, une vente aux enchères propose des effets personnels de Denise Poiret, sa femme. Le record appartient à un manteau d'automobile créé par Paul Poiret en 1914 qui partit à 110.000 euros.
Son héritage continue d’influencer la mode d’aujourd’hui. Paul Poiret a, dans la première décennie du XXe siècle, révolutionné la silhouette parisienne Belle Époque en la débarrassant des corsets et baleines, mais il a également inspiré un style de vie, une attitude. Il a fait fureur outre-Atlantique, où s’arrachaient les copies de ses vêtements. On l’appelait même là-bas the King of Fashion, le roi de la mode. C’est d’ailleurs ainsi qu’il a intitulé son autobiographie parue en 1931, et c’est le nom que le Metropolitan Museum de New York a donné à l’exposition consacrée à ce pionnier, inaugurée hier. À Paris, son train de vie, son amour de l’art et son goût pour l’orientalisme lui valaient d’être surnommé Le Magnifique. Cela donne une idée du personnage.
Au tournant du siècle des cocottes et du french cancan, le jeune Poiret fait ses classes chez la couturière Madeleine Chéruit, puis chez Doucet, avant d’entrer chez Worth en 1901. En 1903, il ouvre sa propre maison de couture et entreprend de libérer les femmes de leurs jupons. Dès 1906, c’est l’abandon du corset. Les épaules deviennent désormais le point d’appui de cette silhouette qui libère la taille, déplace la ceinture sous la poitrine, et laisse de côté la technique tailleur et les pièces à manches trop construites. Cette réforme radicale de la ligne est associée au couturier, même s’il n’est pas le seul à y participer. Lucile et Madeleine Vionnet aussi y contribuent. Sa signature ? L’art du drapé emprunté à la tunique grecque autant qu’au kimono cocon ou aux caftans d’Afrique du Nord