"Quand un salon littéraire devient un boudoir pour dames"
3 Septembre 2012
En 1925, José Corti fonde les Éditions Surréalistes et publie les ouvrages de Louis Aragon, André Breton et Paul Éluard.
Puis il crée la maison d'édition qui porte encore aujourd'hui son nom et publie Salvador Dalí « La Métamorphose de Narcisse » en 1937 et le premier roman de Julien Gracq « Au château d'Argol » en 1938.
José Corti est également l'éditeur des livres de Gaston Bachelard.
Après la mort de son fondateur en 1984, la maison d'édition "José Corti" poursuit son activité sous la direction de Bertrand Fillaudeau (avec Fabienne Raphoz en co-direction depuis 1997). Plusieurs collections ont alors été créées, notamment "En lisant, en écrivant", du nom de l'essai de Julien Gracq, (1980). Cette collection regroupe des essais d'écrivains à propos de leur expérience et du fait même d'écrire.
Une maison engagée
José Corti est une maison d'édition qui s'engagera, sous l'Occupation, dans la publication de textes clandestins (à l'instar des Éditions de Minuit, par exemple). Elle publiera de nombreux textes poétiques après la guerre, ainsi que des travaux universitaires parmi les plus novateurs et des rééditions d'auteurs peu connus voire oubliés (Radcliffe).
L'auteur le plus connu de José Corti, Julien Gracq (Le Rivage des Syrtes, prix Goncourt 1951, refusé par l'auteur), reflète assez bien l'esprit qui a longtemps régné sur cette maison d'édition : efforts pour la recherche littéraire plus que pour les gros profits (tirages initiaux rarement très importants) et engagement dans des voies plus ou moins risquées.
La devise des éditions José Corti est : « Rien de commun ». Elle renvoie à l'époque de la naissance de la maison où les tirages étaient confidentiels et à l’engagement de la maison. Elle a une deuxième signification : José Corti aurait voulu, sous l'Occupation, montrer de manière implicite que sa maison d'édition n'avait rien de commun avec les occupants allemands.
José Corti a raconté son parcours dans son livre « Souvenirs désordonnés ».
Source Wikipedia
José Corti, Souvenirs
désordonnés.
Avec Souvenirs désordonnés, José Corti évoque son métier d'éditeur, ses rencontres, ses passions.
"Comme la terre est peuplée de plus de morts que de vivants, il se trouve dans ces pages plus d'ombres de disparus que d'amis auxquels je puis encore serrer la main.
Je regrette d'avoir mal su, même un moment, rendre les couleurs de la vie à ces fantômes. C'est que j'ai si bien connu ceux qu'ils furent que, la moindre évocation me les rendant présents, tels
que je les ai aimés, j'en viens trop facilement à croire que je les ai ressuscités.
Aujourd'hui, chers fantômes, je vous rends à votre paix. Je vous remercie de m'avoir tenu compagnie pendant que la boule roule et frappe à tort et à travers. Pour
quelque temps encore, je retourne au monde – mais sans vous quitter jamais pourtant. Il me semble que l'on n'y parle qu'une langue morte et que cette langue morte ne redevient vraiment vivante
qu'au cours de nos longs entretiens secrets. Je vous parle, j'apprends à vous parler sans le secours des mots, puisque c'est ainsi que se feront nos conversations quand je vous aurai rejoints et
à jamais retrouvés.
Pendant plus de cinquante ans, j'ai rêvé un long rêve qui m'a révélé le bonheur ; mieux même, qui me l'a positivement donné. Le plus cruel des cauchemars l'a
brusquement anéanti. Plus que dépossédé, il ne me reste désormais qu'à attendre la suprême émotion du réveil."
José Corti
Lien
des Editions José Corti :
http://www.jose-corti.fr