Harpo Marx joue Rachmaninov :
Chico et Harpo :
Harpo et sa harpe :
Chico « Une Nuit à L’Opéra » :
Chico et Harpo :
Chico dans « Monnaie de Singe » :
Chico dans
« Un Jour Au Cirque » :
Les
Marx Brothers, ou
Frères Marx, étaient des
comédiens américains nés à
New York :
Les origines
Né à New York City, les Marx Brothers sont nés de parents juifs immigrants. Le père Simon Marrix est né en France à Strasbourg, en 1860, il quitta le pays et se
refit une identité aux USA. Il devient ainsi : Samuel Marx. Il rencontre la fille d’une autre famille d’immigrants : Minnie Schoenberg né à Dornum en Prusse, en 1864. Il eurent un
premier fils, Manfred qui meurt à l’âge de 6 mois.
La formation des Marx Brothers
Enfants, ils apprennent les arts de la scène, comédie, chant et danse, sillonnant le pays. Formés par leur mère et leur tante, deux bonnes grosses dames
littéralement possédées des planches, ils en sont aussi les faire-valoir car, chez les Marx, c'est tout le monde sur scène ou personne ! De bouges infâmes en fermes isolées, d'un état à
l'autre, de maigres recettes à pas de recette du tout, d'échelons gravis parfois vite dégringolés au renom qui grandit, les Marx Brothers, réduits à quatre frères, attaquent Broadway, alors en
plein âge d'or, et triomphent. Nous sommes dans le mitan des années 20, le cinéma ne sait même pas qu'il va bientôt parler !
En 1929, Hollywood les sonne. Leurs deux tabacs scéniques vont connaître la mise à l'écran. Leurs deux premiers films, Cocoanuts (Noix de coco) et
Animal crakers (L'explorateur en folie) ne sont donc que deux transpositions. Bigrement affadies, elles ne demeurent aujourd'hui que pour ce qu'elles ont valu alors : le
débarquement des Marx à l'écran. Au suivant, Monkey business,la forme théâtrale adopte un mouvement très filmique. Les Marx n'ont plus qu'à se laisser porter sur cette vague
folle.
Les personnages des Marx Brothers
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Groucho, le sempiternel cigare aux lèvres ou en main, la moustache qui n'est que trace de bouchon brûlé, le verbiage dément, le sens déplorable des
responsabilités. Il chante aussi, tirant jusqu'à la corde mais avec habileté, sur sa voix de fausset. Il danse enfin, à la burlesque mais non sans grâce ni rythme. Groucho a toujours des
prétentions de haute société non pour la distinction qu'elle apporte mais pour l'aisance financière et la tranquillité qui en découle. Groucho est un coureur impénitent mais toute sa tendresse
va à Margaret Dumont illustrant au mieux l'adage : Qui aime bien châtie bien ! Groucho est un solitaire. L'intrigue l'amène à croiser Chico et Harpo qui sont, eux, toujours réunis.
Dans l'enfance, Julius, plus jeune que Léonard et Adolf, faisait aussi un peu bande à part; par affinités manquantes et timidité surtout. Cet isolement est donc ici recréé. Groucho et Chico
ont, dans chaque film, un dialogue et Chico est le seul être au monde à sortir intact d'une rencontre orale avec Groucho. C'est même ce dernier qui en revient perdant. Julius vouait à son aîné
estime et respect et ceci explique cela; Chico a beau être introduit comme un primaire roublard et abscons, Groucho, en guerre contre le monde entier, est avec ce particulier très affable et
d'une infatigable tolérance... En revanche peu de scènes l'uniront à Harpo avec lequel " ça ne passe pas ". Si les deux frères s'aimaient tendrement, leurs deux personnages sont tout à la fois
complémentaires et incompatibles. Même lorsque Harpo se trouve être le secrétaire de Groucho ( the Big store ), nul ne croit longtemps à leur connivence.
Pour tous les marxophiles, Groucho, le benjamin du trio, est le Chef des Marx.
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Harpo, toujours muet même s'il ne l'était pas dans la vie courante, s'exprime à l'aide de gestes, de grimaces, et de sifflements, son trench-coat bourré d'objets
des plus inattendus, utiles en ceci qu'ils orientent le spectateur ( ou les personnages du film ) vers la vision du présent qui est celle d'Harpo le lunaire. Harpo a le sens du bien. Il aime
les enfants et fuit la police. Il a donc aussi du bon sens. Mais tout s'emmêle vite dans son bulbe, sa distraction est telle qu'il peut se saborder lui-même. On l'a souvent comparé à Charlot
mais il est différent du gentleman Tramp sur un point crucial: Charlot avait une vie sociale, une ambition sociale, parfois même des ambitions de richesse, Harpo, lui, n'a d'autre ambition que
de profiter de l'instant présent. L'argent n'est rien pour lui, il est le personnage le moins vénal de l'histoire du cinéma. Il serait même incapable de comprendre le pécuniaire dans son
ABC.
Il joue de la harpe ( en l'appuyant sur la mauvaise épaule, selon les spécialistes ) dans chaque film, sauf dans Duck soup, assurant une plage de repos rêvé dans
une mer en débile remous.
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Chico et son accent italien, seul être connu à saisir le langage Harpo voire à le pratiquer, le seul aussi apte à brider l'individualiste Groucho. Le seul à avoir
le sens de l'amitié, il a des liens puissants avec les étrangers ( comprenez : étrangers au trio ou quatuor Marx ) et il est, enfin, le seul dont l'ambition peut transiger avec le bien de
la communauté. Il aime le jeu ( et Léonard l'aimait aussi à ce point qu'il devait finir ruiné, entretenu par ses cadets ), les filles ( Chico descendrait de " chicks" : poulettes ou jeunes
filles ) et le piano sur lequel ses doigts courent avec une vraie dextérité. Il emploie d'ailleurs une curieuse technique dite du " doigt révolver", pouce replié et index tout en détente. Elle
deviendra sa marque de fabrique. Dans " The Big store", il est professeur de piano et au clavier, jouant à quatre mains, on découvre des enfants pratiquant aussi le "doigt - révolver ". Chico
aurait tous les droits mais n'en abuse pas. En somme, il est le plus honnête des trois. Le plus filou aussi, pourtant. Il se joue de Groucho comme il veut mais on sait qu'il n'est pas
impossible que Groucho se soit " laissé faire".
Enfin, porte - parole d'Harpo, bon an mal an, il est le lien entre les trois frères et son public.
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Zeppo semble avoir un rôle moindre, il ne jouera d'ailleurs que dans les 5 premiers films marxiens, mais il mérite une présentation plus fournie. A l'extrême, on
peut le présenter comme le plus dangereux des Marx Brothers car le seul des quatre à avoir apparence humaine et surtout sociale. Il n'est pas iconoclaste, pas farfelu, ne croise pas au large de
toute logique ni de toute vie mondaine. Dans " Monkey business" comme dans " Horse feathers", il prend même sur lui l'emploi de jeune premier. C'est lui qui fait le coup de poing pour défendre
sa belle, comme un Fairbanks ou un Flynn. Mais il est quand même un Marx. Malgré cette apparence de normalité, universel laissez - passer, il est du quatuor et ne le lâche jamais, la priorité
de la fratrie restant aussi la sienne. Il était donc des quatre Marx, celui qui " est comme tout le monde et c'est bien cela le drame ".
Dans " Night at the opéra" et " Day at the races", les deux premiers Marx sans Zeppo, le ténor Allan Jones, semble ni plus ni moins occuper la place vacante. Mais
les jeunes premiers suivants, plus ternes, délaisseront ce siège inconfortable. Il n'y aura plus de quatrième Marx Brothers. Faut-il le déplorer ?
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Gummo, le dernier des frères, avait déjà quitté le groupe avant que ne commence leur carrière filmographique.
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Les Marx Brothers sont inséparables de Margaret Dumont, même si elle n'est pas de tous les films, seulement huit sur treize mais c'est déjà pas mal. Toujours
richissime naïve au grand cœur, toujours amoureuse de Groucho, qu'elle idéalise au possible et cible( solide ) de ses plaisanteries. D'ailleurs, Groucho l'appelait la « cinquième »
Marx Brothers.
Filmographie
Après le départ de Zeppo :
Curiosités anecdotiques
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Les Marx Brothers sont au panthéon du burlesque mais la France leur en condamne l'entrée. En Allemagne, en Italie, en Angleterre, les Marx sont déifiés. En
France, on les refuse depuis toujours. Seuls quelques poignées d'inconditionnels persistent et signent. Le comédien Pierre Richard est du groupe et donne, d'ailleurs, dans le film de
Gérard Oury La Carapate, une brève mais singulière imitation d'Harpo.
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Les amateurs fonctionnent parfois par ricochets. Woody Allen s'étant réclamé d'eux (comme Mel Brooks), les intellectuels rive gauche leur ont aussitôt donné leur
chance, l'occasion de constater qu'au fond ils ne sont pas si nombreux.
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Le comique Marx est essentiellement verbal et tranche en ceci du reste du monde burlesque, la différence est mal gérée des spectateurs. Plus grave encore et plus
légitime aussi, le Français élude les Marx tout simplement parce qu'il ne les comprend pas. Le verbiage de Groucho est un patchwork indétricotable de patois New Yorkais, de Yiddish du Bronx et
d'une demi-douzaine d'autres sources. Le tout est intelligible pour un nombre infime. Les autres riront plus volontiers du saccadé de ce verbiage, du ton employé à le libeller aussi, du
désarroi de l'interlocuteur enfin. Les affranchis de la langue de Shakespeare peuvent, au vol, choper un jeu de mots ou deux, guère plus mais ce sont tout de même des privilégiés. Les
sous-titres français ramenant le tout au bas de gamme, la rétivité du Français face aux Marx se comprend plus facilement.
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Groucho mourut deux jours après Elvis Presley. Mais il avait aussi plus du double de son âge. Il fit de la télévision même comme septuagénaire confirmé.
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La rencontre des Marx avec Irving Thalberg, jeune prodige qui ne devait pas vieillir, fut décisive. Elle scinda en deux parties distinctes la filmo des Marx. Si
on parle d'un post - Zeppo c'est que le départ de celui-ci coïncide avec la rencontre Thalberg. L'ingénieux informe les Marx qu'ils sont dépassés, bientôt finis sauf s'ils redressent la barre.
Les Marx écoutent. Thalberg propose d'ossaturer leurs comédies à venir. Fini le temps de l'iconoclaste pur, il faut que les Marx aient une mission désormais : celle du bien. Aider les
tourtereaux en détresse par exemple. Mais, plus important encore, il faut songer à discipliner les films eux-mêmes. Jusqu'alors, le fil conducteur s'appelait Marx Brothers, à présent il faut
qu'une intrigue soit ce fil conducteur. A night at the opéra va faire admettre ces théories. Le film a un argument que l'on déroule sagement et adroitement jusqu'au happy end. Les Marx
agrémentent ce déroulé, ils ne sont plus que des accessoires, encore teigneux et rebelles mais déjà trop orientés vers le bien pour qu'on parle encore d'iconoclastes ! Le nouveau principe
vaut un triomphe à son premier essai et le suivant
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Day at the races, superbe bouquet, confirme. Mais, vite,le principe s'essouffle. Les amoureux en détresse, si actifs dans les deux précédents, deviennent
d'insupportables pleurnichards si peu sympathiques qu'on en a mal pour les Marx contraints d'être pour toujours leurs alliés. Day at the circus et surtout Go West annoncent le
déclin.
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The Big store redresse le gouvernail emballé mais il y a des sommets qu'on n'atteint qu'une fois.
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Les Marx Brothers firent le vœu curieux de se retirer des plateaux toute la période de guerre. Ils y reviennent en 1947 avec A night at Casablanca et ce
n'est plus un déclin, c'est un désastre.
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Room service (1938) fut le seul film Marxien dont l'intrigue avait été écrite pour d'autres. La pièce avait triomphé a Broadway, les Marx n'auraient
jamais dû accepter d'en faire la reprise.
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Harpo ne se considérait pas comme une célébrité. De fait, sans sa perruque, nul ne l'identifiait.
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Harpo et Chico se ressemblaient si fort dans leur prime jeunesse qu'il arrivait à Harpo de remplacer son aîné (parti au tripot) au piano bastringue.
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l'apparition - éclair délicieux - de la toute jeune Marilyn Monroe est, sans doute, le seul bonheur du dernier Marx : Happy love.
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Miracle de la fratrie : nés tous les quatre à New-York, les Marx devaient aussi mourir tous les quatre à Los Angeles.
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Harpo et Chico participèrent à des pokers de vingt-quatre heures et plus.
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Nul ne saura pourquoi Harpo le Juif voulut à tout prix, en 1936, changer son prénom officiel d'Adolph en celui d'Arthur.
Citations
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« Je trouve que la télévision est très favorable à la culture. Chaque fois que quelqu'un l'allume chez moi, je vais dans la pièce à côté et je lis. »
Groucho Marx
Après le cinéma...
À la fin de leur carrière cinématographique, ils se séparèrent tandis que Groucho continuait sa carrière comme animateur TV dans l'émission You Bet Your
Life. Les Marx Brothers devinrent Satrapes du
Collège de ’Pataphysique en 1953. Groucho écrivit
également ses mémoires (Groucho and Me, 1959, et Memoirs of a Mangy Lover, 1964). On peut encore citer les mémoires de Harpo : Harpo et moi.
Bibliographie
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Groucho Marx
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Beds (1930) (Plumards de cheval)
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Groucho and me (1959) (Les mémoires capitales)
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Memoirs of an mangy lover (1963) (Mémoires d'un amant lamentable)
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Many Happy Returns (1969)
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Crises et grouchotement
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The Groucho Letters (Correspondance de Groucho Marx)
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Love, Groucho (Letters from Groucho Marx to his daughter Miriam) Lettres de Groucho à sa fille Miriam
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Harpo Marx
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Harpo et moi (Harpo Speaks!, avec la collaboration de Rowland Barber, 1961), Paris, éditions du Scarabée et compagnie, 1983, ISBN 2867220068 (trad. de Jean Paradis et Alex Beck), réédition : Paris, Ramsay Poche
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