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Publié par Moicani - L'Odéonie

Nusch Éluard, née Maria Benz

le 21 juin 1906 à Mulhouse

NUSCH PAR PICASSO

NUSCH PAR PICASSO

NUSCH PAR PICASSO

AVEC PAUL ELUARD

AVEC PAUL ELUARD

AVEC PAUL ELUARD ET LEE MILLER

MAN RAY

cadavre exquis, 1930,andré breton, nusch eluard & valentine hugo


PHOTO LEE MILLER

AVEC PAUL ELUARD 1936 PHOTO MAN RAY

AVEC PAUL ELUARD DANS LE MIROIR PHOTO MAN RAY

MAN RAY

1935

AVEC PAUL ELUARD

AVEC PAUL ELUARD

 

Man Ray: Ady Fidelin, Man Ray, Nusch Éluard & Paul Éluard  Antibes. 1937. 

NUSCH PAR DORA MAAR

PHOTO : MAN RAY

 

 

 

PHOTO : LEE MILLER

 

MAN RAY

AVEC PAUL ELUARD

MAN RAY

 

AVEC PAUL ELUARD 1930

MAN RAY

PHOTO COLLAGE DE NUSCH 1936

MAN RAY

AVEC PAUL ELUARD PHOTO MAN RAY

Miller, Fidelin, Eluard, Carrington

1937

 

NUSCH PAR  MAN RAY 1934

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

NUSCH PAR MAN RAY 1936

 

 

Nusch EluardNusch et Paul Eluard, Ady et Man RayNusch EluardNusch Eluard, MouginsNusch Eluard, MouginsNusch Eluard, MouginsPicasso, Nusch et CécileNusch EluardNusch et Paul Eluard

 

Nusch Eluard et Sonia MosséNusch Eluard et Sonia Mossé

PHOTOS MAN RAY

 

 

Salvador Dali, Gala, Paul Eluard, Nusch Eluard.

 

 

NUSCH PAR PICASSO

 

Portrait de Nusch (1941) - Huile sur toile de Picasso

 

 

 

NUSCH PAR PICASSO 1937

 

 

 

 

Nusch Eluard, Paul Eluard,Ady Fidelin Photo Man Ray

 

Ady et Nusch EluardAdy et Nusch Eluard

 

After divorcing Gala Paul Eluard married Nusch, here seen dallying with one of the other Surrealist muses, Ady Fidelin… Photo: Man Ray, 1937

NUSCH ET ADY FIDELIN  PAR MAN RAY

 

Léon Blum et Eluard à Antibes en 1938 chez Madame Cuttoli (photo Man Ray)

De gauche à droite : Marie Cuttoli, Léon Blum, Nusch et Paul Eluard, puis Man Ray

 

A string of Man Ray’s ladies: Nusch Eluard, with mirror, 1935 (Source)

 

 

1935

 

Leonora Carrington, Nusch Eluard, Ady, Lee Miller, Cornwall 1937

Leonora Carrington, Nusch Eluard, Ady, Lee Miller,1937

 

 Man Ray, Eluard, Nusch and Friends

 

 

PHOTO DORA MARR 1935

 

 

Maya Beuz (Nusch Eluard), thème astrologique

Il faudrait une compétence que nous n'avons pas pour entreprendre le commentaire de ce thème astral de Nusch Eluard (Maria Benz de son vrai nom), qu'on peut dater des environs de 1930 ; nous laissons au lecteur le plaisir de s'égarer dans les fragments interprétatifs glissés à sa suite, et qui composent une manière de portrait - ressemblant, pas ressemblant, peu nous importe. Notons plutôt qu'il représente avec les autres thèmes astraux une des pièces majeures des archives Breton, pour une raison toute simple : il a fallu attendre 2003 pour le retrouver, et prouver ainsi que l'intérêt de Breton pour l'astrologie avait pu prendre une forme plus engagée que celles qu'on lui connaissait jusqu'alors. Connaître le destin des hommes : on voit apparaître cet horizon dès les « sommeils » de 1922, quand Desnos, encouragé par les questions répétées de ses amis, se livre à des prédictions pour la plupart peu fondées en méthode. La Lettre aux voyantes de 1925 voit Breton s'engager plus avant dans la découverte d'une culture plus méthodique, précisément, cette méthode pût-elle paraître peu crédible pour un esprit moderne. Mais ne s'agit-il pas, dès le Manifeste de 1924, de rompre avec l'esprit scientifique, dont les apories et les insuffisances sont par trop manifestes ? L'astrologie et plus largement la tradition alchimique, dès lors, s'imposent comme une culture alternative, de la même façon que le mythe : non pas forcément une croyance à laquelle on serait sommé d'adhérer, mais un autre moyen de voir, une façon hétérodoxe et potentiellement riche de découvertes d'approcher les énigmes du monde. Breton s'intéresse ainsi peu à peu aux pratiques méprisées des chiromanciennes, voyantes et autres astrologues. Officiellement, il ne s'agira jamais pour lui que de visiter les croyances des autres ; ces thèmes astraux prouvent cependant que de l'intérêt intellectuel à la croyance, il a pu être tenté de franchir le pas. S'ils sont restés discrètement classés dans ses archives personnelles, c'est sans doute qu'il ne s'est jamais durablement installé dans cette croyance, vécue plutôt comme tentation que comme une foi. Il faut aussi prendre en compte le contexte : un livre comme Arcane 17, en 1944, s'avance franchement vers une culture qui pouvait apparaître en 1930 comme rétrograde et de surcroît contradictoire avec les prises de positions des surréalistes en matière de religion. A l'époque où Breton fait établir ces thèmes astraux, il s'en faut de beaucoup pour qu'il puisse rendre public cet intérêt : cela contribuerait à brouiller la position idéologique d'un groupe qui reste sur la sellette, en butte à la suspicion des marxistes « officiels », c'est-à-dire du P.C. Afficher son adhésion à la philosophie de Marx, c'est récuser par avance tous les « opiums du peuple », religions officielles comme superstitions populaires. Une première étape est franchie avec les Tarots de Marseille, à l'aube des années 1940, avant l'exposition Le surréalisme en 1947, qui suscitera quelques polémiques avec les Surréalistes révolutionnaires du fait de la dimension religieuse de la culture qui s'y donne à voir (les autels, la référence au mythe). Dans les années 1950, enfin, Breton fréquentera plus franchement les parages de la magie et de l'occultisme, mais continuera de s'en tenir à une approche culturelle : L'Art magique de 1957 constitue à cet égard une étape paradoxale, en poussant à son paroxysme l'affirmation d'un intérêt pour le paranormal, tout en le dissolvant dans une expérience intérieure qui trouve dans l'art moderne son expression la plus élaborée.

Thème astrologique à l'encre de Maya Benz dite Nusch, deuxième femme de Paul Eluard (circa 1930) par André Breton www.andrebreton.fr

 

 

 

 

 

'International Surrealist Exhibition', New Burlington Galleries, London, 1936.
Debouts de gauche à droite : Rupert Lee, Ruthven Todd, Salvador Dalí, Paul Eluard, Roland Penrose, Herbert Read, E.L.T. Mesens, George Reavey, Hugh Sykes Williams.
Assis de gauche à droite : Diana Brinton Lee, Nusch Eluard, Eileen Agar, Sheila Legge et un ami de Dali.

 

Diana Brinton-Lee, Salvador Dalí (le scaphandrier), Rupert Lee,

Paul Éluard, Nusch Éluard, ELT Mesens 1936

 

 

JE T'AIME

 

Je t’aime pour toutes les femmes que je n’ai pas connues
Je t’aime pour tous les temps où je n’ai pas vécu
Pour l’odeur de grand large et l’odeur du pain chaud
Pour la neige qui fond pour les premières fleurs
Pour les animaux purs que l’homme n’effraie pas
Je t’aime pour aimer
Je t’aime pour toutes les femmes que je n’aime pas

Qui me reflète sinon toi-même je me vois si peu
Sans toi je ne vois rien qu’une étendue déserte
Entre autrefois et aujourd’hui
Il y a eu ces morts que j’ai franchies sur de la paille
Je n’ai pas pu percer le mur de mon miroir
Il m’a fallu apprendre mot par mot la vie
Comme on oublie

Je t’aime pour ta sagesse qui n’est pas la mienne
Pour la santé
Je t’aime contre tout ce qui n’est qu’illusion
Pour ce coeur immortel que je ne détiens pas
Tu crois être le doute et tu n’es que raison
Tu es le grand soleil qui me monte à la tête
Quand je suis sûr de moi

PAUL  ELUARD

 

PHOTO LEE MILLER

 

 

Nusch Eluard

NUSCH PAR LEE MILLER 1944

 

 

COMPRENNE QUI VOUDRA

 

En ce temps-là pour ne pas châtier les coupable, on maltraitait les filles.
On allait même jusqu’à les tondre

Comprenne qui voudra
Moi mon remord ce fut
La malheureuse qui resta
Sur le pavé
La victime raisonnable
A la robe déchirée
Au regard d’enfant perdue
Découronnée défigurée
Celle qui ressemble aux morts
Qui sont morts pour être aimés

Une fille faite pour un bouquet
Et couverte
Du noir crachat des ténèbres
Une fille galante
Comme une aurore de Premier Mai
La plus aimable bête

Souillée et qui n’a pas compris
Qu’elle est souillée
Une bête prise au piège
Des amateurs de beauté
Et ma mère la femme
Voudrait bien dorloter
Cette image idéale
De son malheur sur terre

PAUL ELUARD

 

Photobucket

NUSCH PAR PICASSO

 

DALI, GALA, ELUARD, NUSCH

1944

 

 

 

 

Vingt huit novembre mil neuf cent quarante-six
Nous ne vieillirons pas ensemble.
Voici le jour
En trop: le temps déborde.
Mon amour si léger prend le poids d'un supplice.
Paul Eluard

 

Notre vie 
Notre vie tu l'as faite elle est ensevelie
Aurore d'une ville un beau matin de mai
Sur laquelle la terre a refermé son poing
Aurore en moi dix-sept années toujours plus claires
Et la mort entre en moi comme dans un moulin


Notre vie disais-tu si contente de vivre
Et de donner la vie à ce que nous aimions
Mais la mort a rompu l'équilibre du temps
La mort qui vient la mort qui va la mort vécue
La mort visible boit et mange à mes dépens


Morte visible Nusch invisible et plus dure
Que la faim et la soif à mon corps épuisé
Masque de neige sur la terre et sous la terre
Source des larmes dans la nuit masque d'aveugle
Mon passé se dissout je fais place au silence.

Paul Eluard, Le Temps déborde (1947)

(Ecrit le jour de la mort de Nusch)

 

 

 

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