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Publié par Moicani - L'Odéonie

L'actrice américaine Jane Russell est morte

LEMONDE.FR

L'actrice américaine Jane Russell, la brune incandescente qui donna la réplique àMarilyn Monroe dans Les hommes préfèrent les blondes, est décédée lundi 28 février en Californie à l'âge de 89 ans, ont indiqué ses proches.

"J'ai parlé avec sa belle-fille ce matin. Elle est morte paisiblement chez elle, entourée de ses enfants", a déclaré à l'AFP Kim Davis, la directrice du centre d'aide juridique à l'enfance CASA, dont l'actrice soutenait l'action. Jane Russell résidait à Santa Maria, au nord de Santa Barbara (Los Angeles). La cause de la mort n'a pas été précisée.

Jane Russell fut l'une des pin-ups préférées des GI et restera dans les mémoires comme la brune incandescente qui donne la réplique à Marilyn Monroe dans Les hommes préfèrent les blondes. La légende veut que le producteur Howard Hughes, qui cherchait une actrice aux formes voluptueuses, l'ait repérée chez son dentiste, où elle travaillait comme réceptionniste, pour en faire l'héroïne du Banni (The Outlaw, 1943). Mais Jane Russell n'en était pas moins une enfant de la balle : fille d'une actrice de troupe ambulante, elle avait pris des cours de piano et de théâtre, notamment avec la fameuse actrice russe Maria Ouspenskaïa, et posait pour des photos de mode.

La légende veut que le producteur Howard Hughes, qui cherchait une actrice aux formes voluptueuses, ait repérée Jane Russell chez son dentiste, où elle travaillait comme réceptionniste.

La légende veut que le producteur Howard Hughes, qui cherchait une actrice aux formes voluptueuses, ait repérée Jane Russell chez son dentiste, où elle travaillait comme réceptionniste.REUTERS/HO

Née Ernestine Jane Geraldine Russell le 21 juin 1921 dans le Minnesota, elle est l'aînée de cinq enfants. La famille s'installe alors qu'elle est encore enfant à Burbank, en Californie. Son père, un ancien militaire, meurt à 46 ans et elle doit alors gagner sa vie. Howard Hughes arrive à point nommé.

Le Banni, où ses jambes interminables et sa poitrine crèvent l'écran, la propulsera dans le monde de Hollywood, lui vaudra la célébrité et une aura de scandale. La censure tique sur ses décolletés et le film ne sortira pour de bon qu'en 1946. "Tout ça pour un décolleté ! Aujourd'hui, ils en font dans le dos", dira-t-elle bien plus tard.

L'affiche du film "Le Banni".

L'affiche du film "Le Banni".AFP/ROBYN BECK

Dans l'intervalle, elle a eu le temps de tourner dans L'Esclave du souvenir et surtout de figurer sur un poster particulièrement populaire auprès des soldats américains durant la seconde guerre mondiale. On l'y voit dans une pose lascive, étendue sur une meule de foin, le regard provocant, un revolver à la main.

Les hommes préfèrent les blondes de Howard Hawks, sorti en 1953, sera l'apogée de sa carrière d'actrice. Elle y joue le rôle d'une brune idéaliste mais ayant les pieds sur terre, à l'exact opposé du personnage de blonde naïve et vénale incarné par Marilyn. A l'écran comme à la ville, les deux femmes sont amies – même si le cachet de Jane Russell pour ce film est dix fois supérieur à celui de Marilyn Monroe.

Malgré une filmographie abondante, dont Les hommes épousent les brunes (1955), et des talents d'actrice indéniables – mais beaucoup moins exploités à l'écran que sa plastique –, la carrière cinématographique de Jane Russell s'essouffle dans les années 60. Dans la décennie suivante, on ne la voit plus que sur le petit écran, dans des publicités pour des soutiens-gorge. Entre-temps, elle s'est en partie reconvertie dans le music-hall, à Las Vegas ou New York.

Jane Russell, mariée trois fois (et deux fois veuve), dénotait, dans un milieu hollywoodien réputé progressiste, par sa défense des valeurs républicaines et sa foi revendiquée. "Je suis née pour le mariage. La vie de famille est un soutien en toutes circonstances. Ça, et ma foi en Jésus", dira-t-elle en 2007 dans une interview au journal britannique Daily Mail.

Dans une autre interview en 2009, elle se décrira non sans autodérision comme"une chrétienne sectaire conservatrice de droite, avec l'esprit étroit et qui a mauvais esprit". Farouchement opposée à l'avortement après avoir subi à 18 ans une IVG qui l'avait rendue stérile, elle avait adopté ses trois enfants avec son premier mari, le  footballeur américain et producteur Bob Waterfield. Elle avait également fondé WAIF, une association au sein de laquelle elle a milité pendant des décennies pour faciliter l'adoption d'enfants, y compris étrangers, par des familles américaines, contribuant à assouplir la législation de son pays sur le sujet.

Jane Russell en 2005.

Jane Russell en 2005.AP/Aaron Lambert

Sa famille a demandé aux personnes voulant lui témoigner son soutien de faire des donations à des associations d'aide à l'enfance, notamment au centre CASA de Santa Barbara, qui apporte une aide juridique aux enfants en situation difficile. "Elle s'intéressait à notre centre parce qu'elle-même défendait inlassablement les droits des enfants", a précisé Kim Davis, la directrice du centre.


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