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Publié par Moicani - L'Odéonie

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Gala et Paul Eluard 1912

 


Toi la seule

Toi la seule et j'entends les herbes de ton rire
Toi c'est la tête qui t'enlève
Et du haut des dangers de mort
Sur les globes brouillés de pluie des vallées
Sous la lumière lourde sous le ciel de terre
Tu enfantes la chute.

Les oiseaux ne sont plus un abri suffisant
Ni la paresse ni la fatigue
Le souvenir des bois et des ruisseaux fragiles
Au matin des caprices
Au matin des caresses visibles
Au grand matin de l'absence la chute.
Les barques de tes yeux s'égarent
Dans la dentelle des disparitions
Le gouffre est dévoilé aux autres de l'éteindre
Les ombres que tu crées n'ont pas droit à la nuit.

Paul Eluard

 

 

 

 

La courbe de tes yeux

La courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur,

Un rond de danse et de douceur,

Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,

Et si je ne sais plus tout ce que j'ai vécu

C'est que tes yeux ne m'ont pas toujours vu.

 

Feuilles de jour et mousse de rosée,

Roseaux du vent, sourires parfumés,

Ailes couvrant le monde de lumière,

Bateaux chargés du ciel et de la mer,

Chasseurs des bruits et sources des couleurs,

 

Parfums éclos d'une couvée d'aurores

Qui gît toujours sur la paille des astres,

Comme le jour dépend de l'innocence

Le monde entier dépend de tes yeux purs

Et tout mon sang coule dans leurs regards.

Pauk Eluard

 

 

 

Simone Breton, Gala Eluard, Max Ernst, Andre Breton, Robert Desnos, Paul Eluard,Joseph Delteil 1923

 

 

 

 

  Au volant Max Ernst, Simone Breton, Paul Eluard,Joseph Delteil,Gala, Robert Desnos, André Breton

Max Morise sur le vélo

 

DALI, GALA, ELUARD ET NUSCH 1931

 

 

 

Paul Éluard à Jean Paulhan

St Cyr le 17 mars 1919

Mon cher ami,

Pourquoi connaître mon prénom ? Ma fille c’est Cécile, ma femme c’est Gala, Grindel c’est Eugène. Éluard, c’est mon arrière grand-père. Je vous attends samedi pour déjeuner : 14, rue Jacques Boyceau, 3ème étage. J’aurai mon après-midi, libre avec vous jusqu’au soir. Le soir, Uriet viendra peut-être. Je lui écris. Je suis las . Notre tâche est pénible. Et je ne puis dire que si peu de mots. Toujours cette tristesse, cette phrase de Nietzsche que je ne peux mettre qu’à la dernière page : " Hélas ! hélas ! Le monde est profond. " J’ai vu Ozenfand. Il me fatigue. Je ne serai jamais sien. Qu’il réalise ! Il a un projet : une grosse revue et pense à nous deux pour la partie littéraire. J’espère qu’il ne faut pas tant d’argent qu’il le dit pour éditer une petite revue. Nous pouvons commencer avec une feuille pliée : 8 pages. L ’argent viendra. Et nous n’aurons que ce que nous considérons comme suffisant.

Les Russes ne font que découvrir l’homme. Nous, nous découvrons le langage et nous inventons l’homme.

Nous comptons sur vous : samedi à midi. Je vous tends les mains, Éluard.

 

 

«Il faut toujours abuser de sa liberté.»
[ Paul Eluard ] - Extrait des Lettres à Gala

 

"Ta chevelure glisse dans l'abîme qui justifie notre éloignement."  Paul Eluard

 

 

 

 

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