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Publié par JEAN HELFER

MORT DU CHEF OP DE LA NOUVELLE VAGUE RAOUL COUTARD
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Filmographie

Télévision

Cinéma

Comme réalisateur

Comme directeur de la photographie

 

AVEC FRANCOIS TRUFFAUT
AVEC FRANCOIS TRUFFAUT
AVEC FRANCOIS TRUFFAUT

AVEC FRANCOIS TRUFFAUT

AVEC JEAN LUC GODARD ET JEAN SEBERG
AVEC JEAN LUC GODARD ET JEAN SEBERG
AVEC JEAN LUC GODARD ET JEAN SEBERG

AVEC JEAN LUC GODARD ET JEAN SEBERG

AVEC COSTA GAVRAS

AVEC COSTA GAVRAS

AVEC JACQUES DEMY

AVEC JACQUES DEMY

Raoul Coutard, chef opérateur de la Nouvelle Vague, quitte le cadre

 

Directeur de la photo attitré de Godard et de trois des plus beaux films de Truffaut dans les années soixante, le vétéran de la guerre d'Indochine avait 92 ans.

Une gueule carrée, une taille de colosse. Raoul Coutard, qui vient de s'éteindre à 92 ans, tranchait par rapport aux physiques de la Nouvelle Vague. Et pourtant, c'est bien lui qui en fut le chef opérateur le plus emblématique. Sans Coutard, le noir et blanc de Godard et de Truffaut n'aurait pas eu la force qu'on lui connaît. Un noir et blanc granuleux, un peu charbonneux et blême, anti-artificiel au

e gueule carrée, une taille de colosse. Raoul Coutard, qui vient de s'éteindre à 92 ans, tranchait par rapport aux physiques de la Nouvelle Vague. Et pourtant, c'est bien lui qui en fut le chef opérateur le plus emblématique. Sans Coutard, le noir et blanc de Godard et de Truffaut n'aurait pas eu la force qu'on lui connaît. Un noir et blanc granuleux, un peu charbonneux et blême, anti-artificiel au possible. L'image léchée, très peu pour lui. Si les auteurs de la Nouvelle Vague l'appréciaient tant, c'est que cet artisan talentueux cherchait une certaine vérité de la lumière naturelle, sans chichis. Il bossait vite, bien, caméra à l'épaule s'il le fallait. Il s'adaptait aux situations difficiles, c'était le chef op' tout-terrain, qui filmait comme on livre une bataille.

La guerre justement, il l'a vécue directement, en tant que soldat en Indochine. Là-bas, au nord du Laos précisément, il commande une section, comme sergent. Puis il devient photoreporter, en couvrant le conflit. C'est ainsi qu'il fait la connaissance de celui avec lequel la collaboration sera sans faille : Pierre Schoendoerffer. Ensemble, ils font La 317e Section (1965), film implacable et funèbre autour d'un baroud d'honneur en Indochine, dégraissé de tout superflu, tourné dans des conditions quasi militaires. La guerre encore, c'est ce qui obsédait ce directeur de la photo très baroudeur, auquel on doit aussi trois films virils comme réalisateur, dont les titres (La légion saute sur KolweziS.A.S. à San Salvador...) ne trompent pas sur la marchandise.

possible. L'image léchée, très peu pour lui. Si les auteurs de la Nouvelle Vague l'appréciaient tant, c'est que cet artisan talentueux cherchait une certaine vérité de la lumière naturelle, sans chichis. Il bossait vite, bien, caméra à l'épaule s'il le fallait. Il s'adaptait aux situations difficiles, c'était le chef op' tout-terrain, qui filmait comme on livre une bataille.

La guerre justement, il l'a vécue directement, en tant que soldat en Indochine. Là-bas, au nord du Laos précisément, il commande une section, comme sergent. Puis il devient photoreporter, en couvrant le conflit. C'est ainsi qu'il fait la connaissance de celui avec lequel la collaboration sera sans faille : Pierre Schoendoerffer. Ensemble, ils font La 317e Section (1965), film implacable et funèbre autour d'un baroud d'honneur en Indochine, dégraissé de tout superflu, tourné dans des conditions quasi militaires. La guerre encore, c'est ce qui obsédait ce directeur de la photo très baroudeur, auquel on doit aussi trois films virils comme réalisateur, dont les titres (La légion saute sur KolweziS.A.S. à San Salvador...) ne trompent pas sur la marchandise.

Une quinzaine de films avec Godard

Mais c'est surtout avec Jean-Luc Godard qu'il se fait un nom, d'abord avec A bout de souffle (1960), symbole tumultueux de grand renouveau dans le cinéma français. Sa complicité avec l'agitateur aux lunettes noires est exceptionnelle : dans les années 60, ils font pas moins de quatorze films ensemble ! Un sacré tir groupé qui compte au moins deux chefs-d'œuvre, Le Mépris (1963) et Pierrot le fou (1965) et d'autres titres, loin d'être anodins : Une femme est une femmeVivre sa vieBande à part... Coutard parfait aussi l'image de trois grands Truffaut, Tirez sur le pianisteJules et Jim et La Peau douce. A noter aussi, à son palmarès : Z de Costa-Gavras et, ultérieurement, L'Emmerdeur de MolinaroMax mon amour d'Oshima...

A la fin des années 60, il s'éloigne un peu de Godard. Il faut dire aussi que Mai 68 est passé par là et que Coutard et le gauchisme ne font pas forcément bon ménage. D'ailleurs, la paire qu'il a formée avec le cinéaste du Mépris était aussi improbable que celle de Jean Cau avec Sartre. Politiquement, ils n'étaient pas sur la même longueur d'ondes, mais leur vision du cinéma dépassait leurs divergences idéologiques. Les deux hommes se retrouveront deux fois encore, pour Passion et Prénom Carmen.

Maître du noir et blanc… et de la couleur

Dans les années 90, Raoul Coutard refuse le confort de la retraite et montre qu'il est toujours le seigneur du noir et blanc à travers deux films de Philippe Garrel, dont le splendide Sauvage innocence. La couleur, il savait faire aussi. Regardez les éclaboussures rouge sang de Pierrot le fou, regardez aussi les bleus, les jaunes du Mépris. Au générique de ce film mythique, on le voit d'ailleurs, derrière la caméra, en train d'orchestrer un mouvement d'appareil des plus fluides. Coutard, hélas, ne tournera plus.

 

JACQUES MORICE http://www.telerama.fr/

MORT DU CHEF OP DE LA NOUVELLE VAGUE RAOUL COUTARD
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