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Publié par JEAN HELFER

Exposition The Velvet Underground à la Philharmonie de Paris jusqu'au 21 Août 2016
Exposition The Velvet Underground à la Philharmonie de Paris jusqu'au 21 Août 2016
Exposition The Velvet Underground à la Philharmonie de Paris jusqu'au 21 Août 2016

À l’occasion du 50e anniversaire du fameux « album à la banane », cette exposition immersive, impressionniste et multimédia propose une plongée dans l’univers du Velvet Underground. En parallèle, deux week-ends de concerts rendent hommage au groupe mythique qui a marqué un tournant dans l’histoire de la musique, donnant la parole à ceux qui ont écrit cette histoire comme à ceux qui en héritent.

The Velvet Underground – New York Extravaganza - vous propose un parcours en 6 étapes, pour appréhender sous autant de prismes l’univers d’un groupe et d’une époque mythiques.

1. WELCOME TO AMERICA : CULTURE ET CONTRE-CULTURE

Après la Seconde Guerre mondiale, la lessiveuse consumériste de l’Amérique redémarre de plus belle et vante un standard de vie obéissant et familial, sage comme l’image diffusée par des médias en pleine expansion. Refusant ce sourire forcé, intellectuels et artistes sulfureux bouillonnent. Ils s’attaquent aux rigidités d’une société soi-disant libérale mais pour laquelle toute déviance représente un danger.

D’abord cantonnés aux marges, ces inclassables utilisent, inventent et croisent toutes formes de création. Ils défendent des modes de vies radicalement différents, prennent des chemins de traverse, refusant règles et tabous. À l’image d’Allen Ginsberg, l’infatigable porte-parole des poètes de la Beat Generation.

Côté musique, les États-Unis jouissent d’une profusion sans précédent. C’est la naissance des classiques du jazz, rockabilly, swing et autre boogie-woogie baigné de sonorités latines, qui feront vibrer le monde entier.

2. L’ENFANCE DE L’ART : LA JEUNESSE DE LOU REED ET JOHN CALE

Difficile d’imaginer deux personnalités et trajectoires aussi dissemblables que celles des fondateurs du Velvet Underground. Avant de se rencontrer, John Cale et Lou Reed ne partagent rien ou presque. Issu de la classe populaire protestante du Pays de Galles, Cale grandit chéri par ses parents, alors que son don pour la musique lui permet de suivre un cursus académique qui le destine à devenir chef d’orchestre. Né une semaine plus tôt à Brooklyn dans une famille de la petite bourgeoisie juive, Reed sort des rails en révélant très tôt un caractère difficile, inadapté à l’étroitesse d’esprit d’une banlieue où il se sent coincé.

Seuls points communs : la fascination pour le rock’n’roll naissant et un attrait poussé pour les expériences extrêmes.

3. NEW YORK SPIRIT, LES RACINES DU VELVET UNDERGROUND

New York a toujours été une grande Babylone, tête de pont d’un cosmopolitisme incompatible avec les valeurs fondatrices de l’Amérique. Et dans cette ville, minée par la crise au début des années 60, le quartier du Greenwich Village est le refuge d’artistes impies et d’intellectuels aux idées pernicieuses. La répulsion va de pair avec la fascination : enfer décadent aux yeux de la majorité, le Greenwich Village est pour d’autres une terre promise, un formidable incubateur de talents. Ici convergent musiciens expérimentaux et cinéastes underground, poètes briseurs de tabous et jeunes gens bravant les diktats de la norme hétérosexuelle.

Avant de donner naissance au Velvet Underground, Lou Reed et John Cale vont se frotter aux poètes héritiers de la Beat Generation, aux audaces harmoniques de La Monte Young ou au cinéma underground. Un contexte unique, au carrefour de la pop culture et de l’avant-garde, de l’art conceptuel et des rythmes tribaux, des pitreries juvéniles et des théories les plus sophistiquées.

4. LES ANNÉES FACTORY

Le Velvet Underground n’a pas attendu Andy Warhol pour se forger un son, un univers et une identité en rupture radicale avec les canons du rock’n’roll de l’époque. Sa poésie aborde de front sexe, drogues ou questions existentielles sur une musique à la fois schizophrène et fluide, sombre et lumineuse, dont les paradoxes et extravagances obligent l’auditeur/spectateur à s’impliquer et à prendre parti.

De quoi fasciner le prince naissant du pop art, qui recueille le groupe dans son loft atelier, la Factory. Cette pépinière de talents, accélérateur de particules pas très élémentaires, propulse le Velvet Underground sous le feu des projecteurs.

5. RÉINVENTIONS DU VELVET

Après l’éviction de Nico, de Warhol puis de John Cale, le groupe qu’on aurait pu donner pour mort change de visage. Désormais seul maître à bord, Lou Reed trouve dans l’introspection une inépuisable source d’inspiration. Il enrobe d’harmonies lumineuses ses couplets tourmentés. Il se dédouble en recrutant un multi-instrumentiste capable de reproduire ses phrasés, Doug Yule.

Calmé, le Velvet Underground sillonne l’Amérique mais boude New York, où il ne se produira plus entre le printemps 1967 et l’été 1970. Dans les clubs de Boston, Chicago, Philadelphie ou de la côte ouest, son alliage de souplesse, de sensualité et de malice fait merveille. En témoigne l’album live posthume publié en 1974, 1969 Velvet Underground Live, qui verra les musiques souterraines prendre leur envol vers la notoriété.

6. ÉCHOS ET HÉRITAGES

En août 1970, avec le départ de Lou Reed, c’est la fin du groupe dans l’indifférence générale.

Deux ans plus tard, le Velvet est sur toutes les lèvres : revendiquée par l’homme de l’année, David Bowie, son influence ne va cesser de croître. Au fil des disques pirates, des parutions de titres inédits et d’un mea-culpa de la presse qui porte le Velvet et ses créateurs aux nues, l’esprit et les déclinaisons du rock new-yorkais conquièrent discrètement la planète, comme une revanche posthume. Loin de se limiter à la sphère musicale, les ondes Velvet contaminent les arts plastiques, la photo, le cinéma ou la mode : l’ensemble de la pop culture et le rock continuent de s’en inspirer ou de s’en amuser.

http://philharmoniedeparis.fr/

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