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Publié par JEAN HELFER

ARLETTY PAR MOÏSE KISLING

« C’était un être exceptionnel. De cœur. Il travaillait beaucoup, mais chez lui, il y avait du rire. C’était toujours la fête. Tous les mercredis, il présidait dans son atelier un déjeuner de femmes : Colette de Jouvenel, Eva Bush, Edith Méra…Il y avait toujours aussi des tas de types qui venaient pour le taper. Ils ne s’en allaient jamais sans rien avoir. Chaque fois Kisling sortait du pognon. Il l’avait en lui cette générosité, cet homme-là. C’était une vraie solidarité, une institution avant la lettre.

Au départ, je le connaissais comme ça, « bonjour-bonsoir ». Il avait un atelier rue Joseph-Bara [entre Jardin du Luxembourg et boulevard du Montparnasse], où il avait recueilli Modigliani à la fin de sa vie. Parce qu’il m’avait vue pour ainsi dire nue, sortant d’une baignoire, dans une opérette, il n’avait pas eu à prendre de gants avec moi. C’était une joie de poser pour lui et on parlait de tout. Il parlait toujours beaucoup pour animer les gens. J’ai fait une dizaine de séances avec lui pendant deux mois. Son Grand Nu se trouve aujourd’hui à Genève.

Après, je l’ai revu très souvent. Je me souviens encore lorsqu’il est sorti du Fouquet’s en 1939, avec son ami Bérard [Christian, surnommé Bébé par Cocteau, peintre qui fit les décors de La Belle et la Bête de Jean Cocteau]. Ils portaient tous les deux des masques à gaz. Ce sont bien les seuls porteurs de masques que j’aie jamais vus ! Il est vrai que l’étui pouvait servir de boîte à pinceau… » ARLETTY (Les Mots d’Arletty, Paris : Ed. De Fanval, 1988)

KISLING DEVANT UN NU D'ARLETTY

KISLING DEVANT UN NU D'ARLETTY

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